Coopérative des Monts de Bellechasse: les médecins quitteront en avril
SANTÉ. La Coopérative de santé des Monts de Bellechasse pourrait cesser d’opérer en avril prochain, à la suite de la décision des médecins y œuvrant de rejoindre leurs collègues du GMF Bellechasse en permanence à la clinique de Saint-Charles.
Selon les informations du journal, Dre Noémie Goyette-Lyonnais, co-responsable du GMF Bellechasse, aurait communiqué la chose aux dirigeants de la coopérative, information qui a été transmise à la cinquantaine de personnes présentes à la dernière assemblée générale annuelle de l’organisation, le 24 novembre dernier.
De son côté, le CISSS de Chaudière-Appalaches indique avoir été informé de changements à venir du côté des médecins opérant au sein du GMF Bellechasse. « Deux médecins, pratiquant à la COOP de Saint-Damien, ont signifié leur intention de rapatrier leurs activités avec leurs collègues vers le point de service principal du groupe de médecine familiale (GMF), soit celui de Saint-Charles. Toutefois, nous n’avons reçu aucune information officielle à l’effet que la Coopérative des Monts de Bellechasse fermera ses portes », précise Mireille Gaudreau, relationniste au CISSS.
Ce sont les médecins de la coopérative qui ont expliqué à l’assistance les raisons de leur départ, selon nos sources. Du côté de la Coopérative de santé, on nous avait indiqué préférer attendre avant de commenter, mais on nous assurait que la situation actuelle n’a rien à voir avec les discussions entourant la loi 2.
Dans les dernières heures, la coopérative a voulu rassurer les gens indiquant, par voie de communiqué être là pour rester, malgré le départ des médecins en avil. « Malgré cette décision, le conseil d’administration et l’équipe de la Coop réaffirment leur engagement à offrir des services de santé accessibles et de qualité aux citoyennes et citroyens du sud de Bellechasse. Des démarches sont en cours avec plusieurs partenaires du réseau de la santé et les instances municipales ».
Lourdeur et mur-à-mur
Les médecins de Saint-Damien ont manifesté des problématiques à recruter de nouveaux médecins pour venir les appuyer, ce qui rend les choses lourdes à porter. La députée de Bellechasse, Stéphanie Lachance, observe donc une combinaison de facteurs venant influencer la situation.
« Nous avons eu des discussions pour connaitre les raisons qui rendent cela difficile. Les fameuses AMP (activités médicales particulières) qui sont exigées aux médecins sont toujours le principal facteur qui revient. Les nouveaux médecins peuvent aussi choisir là où ils souhaitent pratiquer, lorsque les plans régionaux d’effectifs médicaux (PREM) sont connus », observe-t-elle en ajoutant qu’une réflexion doit être faite pour rendre les milieux ruraux attrayants pour des médecins.
Le maire de Saint-Damien, Sébastien Bourget, avoue être conscient depuis plusieurs mois de la fragilité d’une présence de médecins à Saint-Damien pour différentes raisons. Sa priorité à l’heure actuelle est d’avoir des services au sud du territoire, peu importe la forme.
« La fermeture a toujours été un risque. On se doit maintenant de travailler à avoir une présence médicale dans le sud du territoire. Ce n’est plus seulement la réalité de la coop. C’est tout un système et sa lourdeur qui amènent cette décision et tout ce qui se passe dans les régions rurales. »
Il ajoute que le mur à mur est aussi en cause. « Il n’y a pas de souplesse, d’exception comme dire que si tu es à tant de kilomètres d’un hôpital, tu n’as pas à réaliser les fameuses AMP. Le médecin disponible est alloué à une région et il y a malheureusement, aussi, une compétition entre les cliniques en région », se désole-t-il.
Tout comme Stéphanie Lachance, le maire Bourget estime que la solution réside dans la volonté des intervenants de maintenir des services médicaux dans le sud du territoire, tout en sachant qu’on ne peut obliger les médecins à y pratiquer. « Y a-t-il possibilité de créer une clinique où il n’y aurait que des infirmières praticiennes spécialisées (IPS) qui desserviraient la population dans une certaine mesure ? C’est presque ça que nous avons déjà. C’est peut-être vers cette option que l’on doit aller, ou enlevons les obligations qui existent. »
Pour le moment, le CISSS de Chaudière-Appalaches se limite à dire que l’organisation travaille avec ses partenaires pour maintenir les services de proximité à la population du sud de Bellechasse sous toutes ses formes et reviendra avec des commentaires supplémentaires lorsque de nouveaux développements seront connus.
