Course à la chefferie de la CAQ: Stéphanie Lachance attend avant de se prononcer
POLITIQUE. Si elle n’a pas encore pris position pour l’un ou l’autre des candidats à la chefferie de la Coalition Avenir Québec, la députée de Bellechasse, Stéphanie Lachance, ne reste pas indifférente aux propos de ses deux collègues et tout ce qui se dit et s’écrit depuis le début de la course.
Sur ses réseaux sociaux, Mme Lachance présente d’ailleurs des photos d’elle-même avec les deux candidats et invite les citoyens à partager leurs opinions sur le sujet.
Dans un entretien avec le journal le mardi 10 février dernier, elle n’a pas officiellement donné son appui à l’un ou l’autre des candidats, rappelant que les membres avaient jusqu’au 12 mars prendre leur carte de membre, ce qui leur prmettra de voter, le 12 avril, en faveur de la personne qui deviendra premier ministre ou première ministre du Québec pour les mois à venir, « ce qui n’est pas rien », a-t-elle avoué.
Troisième lien
Dans un dossier très précis touchant sa circonscription, soit celui du 3e lien routier entre Lévis et Québec, elle est revenue sur les propos du ministre des Transports, Jonatan Julien, qui, la semaine précédente, avait mentionné qu’il était difficile pour lui de lancer, d’ici quelques semaines, des appels d’intérêt de la part des consortiums sans avoir de consensus au préalable. Elle a rappelé que certains projets, sans identifier spécifiquement celui du tramway de Québec, cheminaient très bien, même s’ils semblaient avoir des enjeux de financement.
« Je demande juste qu’il n’y ait pas de retard. Pour le moment, il n’y a pas de risques, car le dossier continue de bien cheminer, mais d’ici un mois, on doit dévoiler le prébudget et le tracé, car nous sommes toujours dans un espace de corridors, il ne faudrait pas retarder, mais procéder comme on avait prévu de le faire. C’est pour cela que j’ai demandé à ma collègue Christine Fréchette de réfléchir vite et de prendre position rapidement, pour ne pas retarder le projet », a-t-elle indiqué.
Pour elle, le 3e lien n’est pas un projet de cours à la chefferie uniquement, mais un projet de gouvernement bien avant. « Une course à la chefferie vient toujours brasser les cartes en ce qui a trait aux visions. Je suis contente de voir que nous ayons des visions différentes qui peuvent être débattues, mais je ne crois pas que ce soit à propos de reprendre la liste des projets inscrits au PQI et de les remettre en question en disant que certains sont moins unanimes dans l’acceptation que d’autres. À ce compte-là, le poids des projets sera toujours du côté de Montréal et ceux dans l’Est pourraient être remis en question », poursuivait-elle, disant faire confiance à ses collègues.
« Mme Fréchette nous a dit qu’elle serait en mesure de clarifier sa position d’ici deux semaines, alors on verra. Il faut procéder et aller de l’avant », ajoutait-elle en disant toutefois s’interroger sur la sortie du ministre François Bonnardel qui, en donnant son appui à Christine Fréchette, disait du projet de 3e lien « qu’il était un projet immensément important, mais avec un coût exorbitant qui pourrait frôler les sept, huit, dix, onze milliards pour cinq, six, sept minutes de gain. »
« J’ai vu sa position et je n’ai aucune idée d’où cela sort, où il a basé son jugement. À priori, il a parlé de 10-11 MM$ alors que la fourchette était de 7 à 10 MM$. On parle aussi de sauver de 7 à 8 minutes, alors j’aimerais aussi voir ces données-là et, pourquoi pas, les évaluations des différents scénarios possibles. Je ne peux pas parler pour lui, mais est-ce que sa prétention vient de l’analyse précédente, alors qu’il était ministre des Transports, où il souhaitait vraiment un tracé nous menant vers l’Est. Je ne le sais pas, il y a quelque chose qui m’échappe, mais je n’apporterais pas beaucoup d’importance à sa position, car elle arrive à brûle-pourpoint pour le moment », a-t-elle mentionné en rappelant que c’était un projet dont on entend parler depuis les années 60-70 sur la Rive-Sud, qui a été un sujet électoral chaud pour Bellechasse et tout l’Est-du-Québec en 2014, 2018 et 2022.
« Cela fait sept ans que ce projet a été étudié et consulté, alors je considère que le travail de consultation a été fait. J’attends donc la réponse de Mme Fréchette et je suis disponible pour répondre à ses questions sur les enjeux locaux, tout comme à celles de Bernard Drainville, puis à les soutenir dans leur réflexion », poursuivait-elle en ajoutant qu’elle se réjouissait du fait que M. Drainville ait une position forte dans ce dossier et l’exprime. « C’est certain que cet enjeu est majeur dans ma réflexion », indique-t-elle également.
Immigration
Dans un autre dossier d’importance pour Bellechasse et Chaudière-Appalaches, soit celui de l’immigration et l’implantation d’une clause grand-père, préconisée initialement par Bernard Drainville, elle a rappelé que celle-ci est réclamée depuis longtemps par les entrepreneurs de la région qui ont des enjeux de main-d’œuvre.
« Je leur parle régulièrement et ils me disent que cette clause grand-père leur donnerait de l’air, de maintenir leur main-d’œuvre et d’avancer dans leurs projets. C’est un concept qui est assez large et je m’attends à ce qu’un jour, le fédéral puisse entendre nos demandes », a-t-elle mentionné en ajoutant que ce soit avec le PEQ ou le PSTQ, l’objectif est le même, soit de pérenniser le processus d’immigration et de rendre ces personnes citoyennes du Québec, car elles arrivent ici en vertu d’un permis de travail émis par le fédéral qui est, rappelle-t-elle, celui qui doit mettre en place cette clause grand-père.
Quant au revirement de position de Christine Fréchette qui, plus tard en après-midi s’était dit prête à ramener le Programme de l’expérience Québec (PEQ) au détriment du nouveau programme (PSTQ) préconisé par le ministre Jean-François Roberge, elle ne s’est pas dite convaincue que la région en sorte gagnante.
« Tu as un programme, le PEQ, qui était plus axé sur le principe du premier arrivé, premier servi, pour lequel il y a un inventaire de demandes, mais dont je n’ai pas le nombre. Ces personnes étaient en attente au moment où le programme a été mis sur la glace. Ce que Mme Fréchette dit, c’est que pour les deux prochaines années, on va traiter les demandes du PEQ et soustraire celles-ci du PSTQ. Ce dernier programme permet d’identifier les besoins, dont ceux des régions pour permettre d’accélérer l’accueil dans les régions où il y aurait des employés dans des postes critiques. Au total, je n’ai pas la conviction que dans une avenue comme celle-là, une région comme la nôtre serait gagnante avec le PEQ », a-t-elle mentionné tout en reconnaissant ne pas connaître les données de l’inventaire du PEQ pour la région.
« Je n’ai pas eu le temps de l’étudier de façon exhaustive, mais j’ai le sentiment que le PSTQ était plus favorable du fait que l’on peut diriger les gens et les invitations à partir de certains critères. »
