Des millions en factures impayées par les patients étrangers

SANTÉ. En date du 7 août 2026, Santé Québec Chaudière-Appalaches cumulait une somme de 3 609 817 $, en factures impayées, pour des soins aux patients non couverts par la Régie de l’assurance-maladie du Québec (RAMQ). L’organisation assure travailler à récupérer les sommes dues auprès des patients étrangers.

Pour les quatre derniers exercices financiers annuels de l’organisation, les factures aux patients étrangers totalisaient 10 782 646 $. Jusqu’ici, Santé Québec Chaudière-Appalaches peine donc à récupérer le tiers de cette somme, que ce soit pour une facture complète ou remboursée partiellement.

Selon Dominique Lessard, relationniste à Santé Québec Chaudière-Appalaches, la majorité des factures impayées incluent les hospitalisations après des chirurgies majeures et des hospitalisations aux soins intensifs en chambre régulière.

« Pour les gens qui ne sont pas résidents du Québec et/ou sans carte d’assurance-maladie, lorsqu’il se présentent dans nos hôpitaux pour des soins de santé, notre priorité reste de soigner ces patients. Dans un deuxième temps, lorsque le patient est stable, c’est à ce moment que des ententes sont prises avec eux pour les paiements », explique celle-ci.

L’Hôtel-Dieu-de-Lévis domine les sommes en souffrance à 2 865 366 $, suivi par les hôpitaux de Montmagny (273 806 $), Thetford Mines (264 930 $) et Saint-Georges (205 718 $). 

« Nos équipes travaillent ardemment à récupérer ces sommes via plusieurs moyens, tels que des rencontres avec la clientèle en milieu hospitalier, ententes de paiement, relances de recouvrement, analyse des comptes pour les provisions de mauvaises créances et radiations, le tout avec bienveillance et humanisme », dit Mme Lessard.

Raisons inconnues

Le journal a obtenu ces données économiques via une demande d’accès à l’information. La notion de patients étrangers, selon Santé Québec Chaudière-Appalaches, peut notamment inclure les touristes, travailleurs étrangers, étudiants internationaux, et les personnes immigrantes en situation régulière ou irrégulière.

« Il n’est toutefois pas possible de préciser les proportions représentées [des sommes impayées] par chacune de ces catégories », indique Dominique Lessard.

Les banques de données ne permettent pas non plus de ventiler le tourisme médical. Ce concept consiste à voyager dans un autre pays afin de recevoir des soins de santé. Pour les factures impayées liées à des hospitalisations, Santé Québec Chaudière-Appalaches ne pouvait pas expliquer, pour chacun des cas, le motif de l’hospitalisation ou la situation du patient.

Actuellement, les touristes n’ont pas l’obligatoire de détenir une assurance maladie pour entrer au Canada. Elle est souvent exigée, par le gouvernement et les instances privées, auprès des immigrants temporaires et étudiants internationaux.  

Et que fait le réseau si le patient ne parle ni français ni anglais ? « La Banque d’interprètes du Réseau de la santé et des services sociaux (RSSS) constitue une ressource disponible pour soutenir les professionnels et permettre d’offrir des services de santé et des services sociaux accessibles aux usagers ayant une connaissance limitée du français. Jusqu’à présent, nous n’avons pas eu recours à la Banque d’interprètes du RSSS dans le cadre des situations visées, puisque la communication en anglais nous permet généralement de bien répondre aux besoins des patients concernés », confirme Mme Lessard.