Épicerie-Boucherie Saint-Malachie: un investissement majeur et audacieux

ALIMENTATION. Commerce de proximité bien connu à Saint-Malachie, l’Épicerie-Boucherie Saint-Malachie s’est relocalisée dans un local moderne, sur la rue Industrielle, au cours des dernières semaines, quittant ainsi le cœur du village où il était solidement implanté depuis de nombreuses décennies.

« C’était audacieux », reconnait l’un des copropriétaires, Patrick Roy, concernant l’investissement de 2,5 M$ consacré par lui et ses associés, sa conjointe Sabrina Beaulieu et son frère Kevin Roy. Le trio travaillait sur ce projet de relocalisation depuis deux ans, rappelle-t-il.

« Nous étions dans une bâtisse dont la construction remonte à 1888. Nous n’avions plus de place à l’interne et on se pilait sur les pieds », poursuit-il en précisant que l’ancien magasin de la rue Principale couvrait environ 3 000 pieds carrés, en ajoutant tous les racoins, contre 8 000 pieds carrés pour le nouveau. La moitié de la nouvelle surface sert d’espace de vente, l’autre moitié abritant l’entrepôt et l’espace cuisine/transformation, qui prend un espace important dans le quotidien de l’entreprise.

Les investissements ne sont pas terminés pour le trio qui doit acquérir d’autres équipements au cours des prochaines semaines et des prochains mois. L’obtention d’une certification C1, pour la cuisine, est notamment dans les plans de M. Roy, ce qui permettrait au commerce, mentionne-t-il, de vendre ses produits à l’extérieur des murs de l’épicerie.

Impossibilité d’agrandir

Avant de se lancer dans ce projet d’importance et de quitter le cœur du village, le trio a regardé tout ce qui pouvait être fait pour agrandir le commerce dont ils ont fait l’acquisition il y a cinq ans. « On a regardé pour agrandir vers l’arrière afin d’aménager une cuisine de 32 pieds par 32, mais ça coûtait très cher, car il fallait que ce soit en acier et à l’épreuve du feu. C’était compliqué de se mettre aux normes. On avait un droit acquis, mais on le perdait dès qu’on commençait à faire de quoi. Il y avait une vieille grange en bois collée derrière l’épicerie, mais si tu mettais une friteuse dedans, on était dans le trouble », mentionne-t-il en ajoutant que la 9e Rue et la présence de voisins à l’arrière et sur la rue Principale rendaient tout agrandissement impossible.

« On aurait pu continuer en haut du village, mais il fallait oublier toute possibilité de croissance. On ne pouvait plus rentrer de nouveaux produits, on n’avait pas assez d’espaces de comptoirs, tout était toujours plein. Là, avec notre nouveau local, tout est possible, ce qui est mieux pour le client qui a accès à plus de variétés et à de meilleurs prix. »

La clientèle au rendez-vous

Patrick Roy mentionne que, depuis le déménagement du cœur du village vers la rue Industrielle, à proximité de la 277, la réponse du public est excellente, les habitués étant de retour et de nouveaux clients ayant même fait leur apparition. La présence du Super C de Sainte-Claire, à moins de 15 minutes, n’est pas un frein pour le trio non plus.

« Tu n’as plus l’impression d’entrer dans un dépanneur, mais dans une vraie épicerie. On n’a pas la même offre que le Super C, car les gens entrent ici pour la viande, les mets cuisinés et les desserts, puis ils complètent leur panier par la suite. Les gens aiment jaser avec nous, tellement que je suis toujours en train de jaser avec quelqu’un et j’essaie de travailler un peu à travers », dit-il en riant.

La bâtisse qui abritait autrefois le commerce, au cœur du village, est à vendre. M. Roy souligne que celui-ci offre différentes possibilités à un éventuel acheteur, que ce soit l’implantation d’un nouveau commerce ou sa transformation en édifice à logements, par exemple.

Dans l’ensemble, Patrick Roy souligne que lui et ses partenaires sont heureux de leur choix, malgré l’ampleur du projet. « Le premier été sera un bon barème pour nous, avec la proximité de la 277, de la Cycloroute », mentionne-t-il en terminant.