Fermeture des écoles en Côte-du-Sud: une nouvelle politique qui inquiète

ÉDUCATION. Les discussions entourant la nouvelle Politique de maintien et de fermeture des établissements du Centre de services scolaire de la Côte-du-Sud (CSSCS) et la modification de certains services éducatifs dispensés dans ses établissements ont attiré près d’une quarantaine de personnes le mardi 6 janvier dernier à Saint-Charles. Il s’agissait de la première rencontre du genre, une seconde étant prévue le lendemain à Montmagny pour les secteurs plus à l’Est.

Le CSSCS souhaite revoir sa Politique qui n’a pas été remise à jour depuis 2008 et que l’organisation ne respecte pas à certains égards depuis plusieurs années, notamment au niveau du minimum d’élèves au préscolaire et dans certaines écoles, précisait la directrice générale du centre de services scolaire, Rachel Bégin. « Ce chiffre n’est pas respecté, car si c’était le cas, nous aurions cinq écoles supplémentaires en transition et possiblement en voie de fermeture, ou non. »

On fait aussi état d’une augmentation de 13 % du nombre d’élèves depuis 2015, chose qui est à géométrie variable sur le territoire, en plus de nombreux changements dans la gouvernance de l’organisation depuis. Les budgets limités, la pénurie de main-d’œuvre et la vétusté de certains bâtiments sont d’autres raisons qui expliquent ce désir de revoir la politique.

« Depuis 10 ans, les budgets ont été à la hausse en éducation et avant, nous avions une main-d’œuvre disponible. Les choses ont changé. La nouvelle réalité du gouvernement du Québec fait que l’on doit se serrer la ceinture maintenant et nous sommes condamnés à faire notre effort », indique Mme Bégin.

La vétusté des bâtiments étant aussi sous la loupe, elle souligne que des investissements importants ont dû être faits au cours des dernières années et que d’autres restent à faire. « On doit s’en occuper et on a la pénurie de main-d’œuvre avec laquelle composer en éducation, dans tous les secteurs. On cherche du monde partout. »

Elle remarque aussi une augmentation du nombre d’élèves ayant des besoins particuliers, ce qui vient jouer dans certaines réflexions. « Est-ce que l’on diagnostique davantage, des enfants qui vivent des situations particulières, qui sont plus à risque ? On doit avoir une vision régionale et non locale, dans nos stratégies. »

En plus des écoles de Saint-Philémon et Buckland, celles de Saint-Marcel et Sainte-Appoline (en transition cette année) comptent moins de 30 élèves, un élément non négligeable, selon elle. L’organisation compte 23 établissements de moins de 125 élèves sous sa gouverne.

« Pour le ministère de l’Éducation, une petite école a moins de 125 élèves et nous en avons beaucoup dans la région, c’est la très grande majorité. L’objectif n’est pas de les fermer, mais de mettre en application tous nos principes, dont celui d’offrir des services éducatifs de qualité et équitables, tout en ayant des solutions pérennes et tout en travaillant avec les communautés concernées », fait-elle valoir.

Quelques critiques

La nouvelle mouture de la Politique ne semble pas plaire à tous, certaines questions ayant été soulevées avant et pendant la séance. Pour une, l’ex-mairesse de Sainte-Claire, Guylaine Aubin, forte de son implication dans l’agrandissement souhaité de l’école Morissette dans sa localité, a indiqué poursuivre son implication à la demande du conseil municipal. Il est clair pour elle que des choses ont été négligées, s’appuyant sur une résolution du conseil municipal de la localité. Le maire de Saint-Philémon, Daniel Pouliot, a lui aussi affiché ses inquiétudes, particulièrement face à l’avenir de son école, selon les modalités actuelles. 

« Avant, nous parlions de s’appuyer sur les parents, le conseil d’établissement et les communautés, choses que l’on ne retrouve pas ici. L’engagement de la communauté dans l’avenir de son école et la réussite des élèves ont aussi été retirés. Le milieu devait aussi être invité à proposer des initiatives, en cas de fermeture potentielle d’une école, ce qui n’est plus le cas non plus », a résumé Mme Aubin qui a aussi soumis plusieurs suggestions au conseil d’administration du CSSCS.

À la suite de la séance, la direction du centre de services scolaire a invité les gens à reformuler leurs suggestions qui seront étudiées par le conseil d’administration en vue de procéder à de possibles modifications, ultérieurement.