Fonderie Laforo complète sa relance

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Par Eric Gourde
Fonderie Laforo complète sa relance
Sylvain Rémillard

Investissements de plusieurs millions de dollars ayant générés plus de 70 millions de dollars de nouveaux contrats et l’engagement de 30 personnes supplémentaires. Voilà en résumé les résultats de la relance de l’industrie Fonderie Laforo de Sainte-Claire suite à la crise financière ayant secoué le monde manufacturier il y a quelques années.

Fondé en 1976 afin de répondre aux besoins de Poulies Maska en matières premières, l’entreprise a décidé de délaisser les pièces de première montre du domaine de l’automobile pour se tourner vers l’industrie des pièces de remplacement. L’industrie a œuvré dans ces secteurs d’activité durant plus de trois décennies.

L’arrivée en 2006 de la concurrence chinoise a toutefois bouleversé certaines choses faisant en sorte que l’industrie nord-américaine est devenue non-concurrentielle et plusieurs entreprises américaines ont fermé leurs portes. Cette situation, jumelée à la crise économique de 2008, a causé la perte de 80% des marchés de l’entreprise qui a dû demander de l’aide. Grâce au programme de temps partagé du Gouvernement fédéral, Fonderie Laforo a pu garder son personnel au travail même à raison de 2-3 jours par semaine pendant plus d’un an

"On s’est dirigé vers les pièces à haute valeur ajoutée là où les chinois ne vont pas et où il y avait du volume. À la sortie de la crise financière, ces industries recherchaient de nouveaux fournisseurs suite à la fermeture de plusieurs usines aux États-Unis" précisait le président de l’entreprise Yvon Fortier.

Un plan de relance a suivi. "On a mis en place une diversification des ventes en investissant dans nos équipements, nos ressources humaines, en environnement, dans l’aspect santé et sécurité au travail et dans les technologies de l’information. Nos efforts ont permis d’ajouter à notre carnet de commandes, plus de 70 millions de dollars de nouvelles commandes, croissance de 30% annuellement jusqu’en 2015. Avec une progression de cet ordre, on a dû investir plus de 6 millions de dollars au cours des deux dernières années" a-t-il ajouté.

L’entreprise a été agressive dans son plan de relance touchant plusieurs secteurs. L’Installation d’un système de refroidissement, le remplacement des anciens dépoussiéreurs, l’insonorisation du distilleur et l’installation d’une nouvelle tour de lavage sont les nouveautés en matière d’environnement. L’achat de deux machines pour la fabrication de noyaux dédiés à l’automobile, d’un système de refroidissement du sable, l’implantation d’une cellule robotisée pour le meulage des pièces à grand volume en plus de l’acquisition de d’autres équipements ont accrue les possibilités de production de l’entreprise. Un meilleur contrôle de la qualité des produits et une meilleure gestion des temps de réponse avec la construction d’un nouveau laboratoire sont d’autres faits saillants des investissements en production. Près de 900 000$ ont aussi été investis pour l’instauration d’un nouveau parc informatique et l’achat de logiciels.

La compétence avant l’ancienneté

Fonderie Laforo de Sainte-Claire compte maintenant près de 130 employés, elle qui en comptait moins de 60 au plus fort de la crise économique. Les récents investissements ont amené la création de 30 nouveaux emplois et la ratification d’une nouvelle convention collective de 5 ans qui stipule que l’on priorise la compétence avant l’ancienneté. "La compétence va nous permettre d’augmenter notre niveau de compétitivité par l’augmentation du salaire moyen ce qui rendra l’entreprise plus attractive. On a instauré un programme de formation des employés en collaboration avec la Commission scolaire Côte-du-Sud pour l’accroissement des compétences ce qui était nécessaire avec notre entrée dans le domaine de l’automobile" explique Yvon Fortier. "Pour être capable de recruter des gens compétents, on ne peut les faire commencer au pied de l’échelle. Le concept a été bien reçu chez les employés qui avaient été sensibilisés au fait que l’entreprise était en danger et que les besoins de formation étaient évidents. L’accès à davantage des compétences était bien vu par le personnel qui y voyait aussi son compte."

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