IPL perdra une dizaine de travailleurs guatémaltèques

BELLECHASSE. L’entreprise IPL de Saint-Damien devra se passer d’une dizaine de travailleurs provenant du Guatémala, en raison des dispositions actuelles de la loi fédérale sur les travailleurs étrangers temporaires et de celle de Québec sur les permis de travail aux travailleurs étrangers.

Arrivés en 2019 pour occuper des postes d’opérateurs à l’usine IPL, ces travailleurs ont appris vendredi qu’ils devront quitter le pays dans un délai de trois mois. Après sept années de travail, d’intégration et de contribution au Québec, on leur demande de faire leurs valises, se désole Frédéric Morin, représentant syndical de l’Union des employé·es de service (UES 800).

« Je me souviens les avoir accueillis en 2019. On les a habillés pour l’hiver. On leur a expliqué la neige, les tempêtes, les bottes isolées. On leur a expliqué aussi notre façon de vivre ici », raconte-t-il, visiblement choqué par la chose.

Il ajoute que l’annonce a été faite lors d’une rencontre entre l’entreprise, le syndicat et les employés concernés. Dans la salle, certains de ses collègues étaient en larmes et les travailleurs sous le choc.

« La rencontre de ce matin a été la plus difficile que j’aie eu à vivre dans toute ma carrière. Parce qu’aujourd’hui, on ne parle pas de travailleurs de passage. On parle de gens enracinés qu’on arrache à leur communauté. Sept ans plus tard, ils parlent français et travaillent six jours sur sept, parfois davantage. Ils comptent parmi les plus anciens de leur unité et occupent des postes essentiels à la production », résume-t-il.

L’employeur reconnaît que la perte de dix opérateurs qualifiés représente un choc opérationnel majeur et affirme n’avoir jamais souhaité leur départ. Ces employés sont considérés comme des piliers de l’usine, reconnus pour leur rigueur, leur fiabilité et leur engagement. Dans un contexte de pénurie chronique de main-d’œuvre, la décision a de quoi étonner. 

Pour le maire de Saint-Damien, Sébastien Bourget, il serait temps que les réalités des régions soient entendues. « On nous parle de pénurie, on nous parle de vitalité régionale, mais on retire des travailleurs intégrés après sept ans. Ce sont nos industries et nos municipalités qui paient le prix », dit-il, en substance.

Frédéric Morin ajoute que trois de ces travailleurs ont des enfants nés au Québec. « L’un d’eux est en train de faire construire sa maison. Tous paient des impôts depuis 2019. Tous consomment localement. Tous participent à la vie communautaire. »