Loyers beaucoup plus chers aujourd’hui
IMMOBILIER. Des locataires critiquent ouvertement l’importante hausse des loyers au Québec. La Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), confirme cette inquiétude touchant Chaudière-Appalaches et l’ensemble du Québec dans son rapport sur le marché locatif 2025.
En seulement deux ans, de 2023 à 2025, les loyers des appartements grimpaient en moyenne de 6 % à 14 % dans notre région (voir tableau). Pendant la même période, le taux d’inflation se situait autour de 2,1 %.
« Le Québec et Chaudière-Appalaches faisaient face à une importante pénurie de logements. L’an dernier, plusieurs propriétaires se sont aussi basés sur la recommandation de 5,9 % du TAL (Tribunal administratif du logement), qui était un niveau record [en hausse du loyer] », précise Francis Cortellino, économiste du marché immobilier à la SCHL.
Sept secteurs différents
En Chaudière-Appalaches, les calculs statistiques de la SCHL incluent sept secteurs : Sainte-Marie, Saint-Georges, Thetford Mines, Montmagny, ainsi que la Rive-Sud (Est, Centre, Ouest). La Rive-Sud regroupe la ville de Lévis, ainsi que les municipalités de Saint-Henri, Saint-Lambert-de-Lauzon, Saint-Apollinaire, Sainte-Croix et Saint-Antoine-de-Tilly.
Les variations des loyers, en pourcentage, restent moindres sur la Rive-Sud qu’à l’intérieur des autres municipalités depuis deux ans. Les loyers moyens y sont toutefois plus élevés, dans les milliers de dollars par mois. La région ouest, la plus près des ponts vers Québec, se trouve au sommet des loyers dispendieux, à 1 340 $ mensuellement. Le Centre (1 191 $) et l’Est (1 130 $) ferment la marche.
Sainte-Marie, à 958 $ par mois, dépasse largement les villes de Montmagny (820 $), Thetford Mines (794 $) et Saint-Georges (770 $) pour les loyers moyens des appartements.
Taux d’inoccupation
Au Québec, un taux sain d’inoccupation locatif oscille de 2 % à 3 %. Toute la Rive-Sud de Chaudière-Appalaches était dans ce giron l’année dernière, à 2,6 % (Est), 3,8 % (Centre) et 4,7 % (Ouest). En 2024, seul le secteur Est (1,3 %) se trouvait sous ce taux sain.
La situation différait ailleurs dans notre région en 2025, avec des pourcentages de 0,7 % à Montmagny, 1 % à Saint-Georges, 1,1 % à Thetford Mines et 1,6 % à Sainte-Marie. Ces données oscillaient de 0,1 % à 0,3 % l’année précédente.
« Nous avons vu plus de nouvelles constructions de logements locatifs [au prorata] dans les grandes villes, comme Lévis, contrairement aux petites municipalités. Dans presque tous les cas, on parle de loyers chers. L’offre reste moins notable au niveau des logements abordables », indique M. Cortellino.
L’affaiblissement des demandes locatives, en Chaudière-Appalaches, s’explique principalement par un point : la baisse des seuils d’immigration. « Les immigrants occupent une large part du milieu locatif. Si la population descend, cela mène à plus de logements disponibles, ce qui augmente la compétition pour trouver des locataires », mentionne Francis Cortellino, rappelant notamment le recul des seuils d’immigration imposé par le gouvernement provincial.
En incluant la méthode révisée de calcul des loyers du TAL maintenant en vigueur, le marché locatif devrait donc se détendre à moyen terme. « Le coût des loyers augmentera moins rapidement, mais ça restera difficile chez les locataires voulant épargner une mise de fonds pour acheter une propriété », dit l’économiste.
Les locataires et locateurs, qui souhaitent faciliter les négociations établissant une augmentation du loyer juste et raisonnable, peuvent utiliser le nouvel outil de calcul au tal.gouv.qc.ca, section Services en ligne.
