Mairie de Saint-Léon: adaptation à vitesse grand V pour Cynthia Lapointe

MUNICIPAL. Élue mairesse de Saint-Léon-de-Standon en novembre 2025 après une seule année d’expérience comme conseillère municipale, Cynthia Lapointe poursuit l’apprentissage de son nouveau rôle qui se fait « à vitesse Grand V », confie la principale intéressée qui, au quotidien, est aussi directrice d’usine chez Kerry, à Sainte-Claire.

« Quand sont arrivées les élections générales de novembre, je n’étais pas certaine de vouloir me présenter à la mairie, car je savais que ça demandait beaucoup de temps et il était important, pour moi, d’offrir un travail de qualité là-dedans, mais après plusieurs discussions avec Bernard Morin (le maire sortant), qui m’a mise au parfum de la tâche et de tous les dossiers, sans oublier la MRC, je me suis laissé convaincre », précise-t-elle en ajoutant que si tout va bien depuis l’élection du 2 novembre dernier, elle a su faire la part des choses puisque diriger une entreprise privée et une municipalité, ce sont deux choses différentes.

« Comme élus, on représente nos citoyens et on gère l’argent qu’ils versent à la municipalité via les taxes municipales. On veut que le citoyen en ait pour son argent », poursuit-elle en rappelant qu’il importe à chacun, dans l’appareil municipal, de jouer son rôle dans le respect des compétences de chacun et du code d’éthique de la municipalité.

Avec le temps, Cynthia Lapointe souligne qu’elle a su partager son temps entre ses diverses fonctions, que ce soit chez Kerry, à la municipalité, où elle passe quelques heures chaque semaine au règlement de certains dossiers en plus des séances du conseil municipal, ou encore à la MRC de Bellechasse, où elle siège sur divers comités. Cela sans oublier sa famille ou encore la reprise de la ferme familiale à Sainte-Sabine, la Ferme Aquilon, en collaboration avec son frère Gabriel Boutin, qui est en processus de réalisation.

Les priorités municipales

L’amélioration des infrastructures municipales et l’agrandissement du périmètre urbain viennent en tête des priorités municipales, soutient la mairesse en rappelant que Saint-Léon-de-Standon est à la fois confinée dans son zonage agricole et quelque peu pénalisée par la topographie de son périmètre urbain qui est en pente de chaque côté de la rue Principale et de la rivière Etchemin qui traverse la localité.

« Il faudra se demander comment il est possible d’optimiser l’utilisation de notre réseau d’aqueduc et d’égouts actuel avant de penser à agrandir notre périmètre urbain et, par conséquent, investir les sommes nécessaires pour cela. On a une dizaine de terrains de libres, ce qui est bien, mais nous sommes aussi en discussion avec une entreprise qui possède des terrains avoisinant notre périmètre urbain et qui seraient facilement connectables via la rue Brousseau », mentionne la mairesse en ajoutant qu’un projet de lotissement a été conçu dans l’optique d’avoir des duplex ou des maisons en rangées, ce qui permettrait d’offrir des unités moins onéreuses aux futurs propriétaires.

« On n’a pas nécessairement beaucoup de logements à louer sur le territoire de Saint-Léon non plus. On a quelques belles maisons à vendre, mais quand tu acquiers une première propriété, ce n’est pas nécessairement à la portée de toutes les bourses. On essaie de trouver des moyens permettant aux jeunes de s’établir à Saint-Léon, ce qui pourrait aider l’école primaire à long terme et conserver nos services », poursuit-elle.

La mise en valeur des attraits de la municipalité est un autre aspect dans la mire des élus municipaux, précise également Mme Lapointe en confirmant que d’autres défis se pointent à l’horizon, comme l’accès aux services de santé ou encore la venue de nouvelles entreprises.

Elle mentionne d’ailleurs que le parc industriel de la localité est à pleine capacité, l’entreprise Elfe Plastique, principal employeur de la localité, ne cessant de poursuivre son développement.

Nouveau CA à la CDSE

Au cours des dernières semaines, la municipalité de Saint-Léon a été secouée par la démission en bloc de tous les administrateurs de la Corporation de développement socioéconomique de Saint-Léon, sauf un, ainsi que de l’agente de développement Caroline Vallée.

Sans entrer dans les détails de ces départs, ajoutant que cet aspect était du ressort de la CDSE elle-même, la mairesse a souligné qu’un nouveau conseil d’administration a été formé au terme d’une assemblée générale spéciale tenue le 9 juillet dernier.

« Nous avons pris acte de ces démissions, mais il est certain qu’un changement de conseil municipal entraine nécessairement de nouvelles idées et de nouvelles façons de faire, car il se pose bien des questions. S’est ajouté un changement à la direction générale de la municipalité en janvier, même si Michel (Lacasse) est toujours avec nous comme DG adjoint. On a mis en place un peu plus de contrôle au niveau des coûts et des ressources de la municipalité. Il faut que tout passe par la direction générale, que ce soit un élu ou un organisme, celle-ci pouvant évaluer la pertinence ou l’urgence de faire telle ou telle chose. Cela a peut-être amené des frictions dans les façons de faire. On ne veut pas que les choses ne se fassent pas, il fallait juste mettre un peu plus de contrôle là-dedans », soutient la mairesse en rappelant que les gens doivent dorénavant passer par les bons canaux.

« Même moi, comme mairesse, je ne peux pas aller voir un employé municipal pour lui demander de faire telle ou telle chose, il faut que ça passe par la direction générale », indique-t-elle en ajoutant qu’il y a peut-être eu un peu d’incompréhension de la part des gens dans tout ce dossier.

Rappelons que la CDSE a pour mission de soutenir les organismes du milieu dans la réalisation de leurs différents projets, tout en soutenant les entreprises souhaitant s’établir ou s’agrandir. Ces tâches relevaient de l’agent de développement, poste dont le salaire est financé par la municipalité, mais sous la responsabilité des bénévoles de la CDSE.

« Le poste est ouvert pour le moment. Pour le reste de 2026, on continue à verser la subvention, mais on s’interroge à savoir si on la maintiendra dans le futur. On ne se questionne pas sur le besoin qui est là, mais sur la façon de faire. Est-ce que la municipalité va continuer de la même façon ou embaucher elle-même la ressource ? On l’a mentionné aux gens avant qu’ils ne se présentent à la rencontre ou ne joignent le conseil d’administration. C’est un dossier que nous allons étudier au retour des vacances », mentionne-t-elle enfin en saluant le travail effectué par tous les bénévoles de la CDSE depuis la renaissance de l’organisme il y a quelques années.