Manque d’ambulances à Lévis: des effets dans Bellechasse

SANTÉ. Un manque d’ambulances sur le territoire de la Ville de Lévis causerait occasionnellement des découvertures dans Bellechasse et en Beauce, estiment les représentants de la Fédération des employés du pré-hospitalier du Québec dans la région. Selon Jean-François Gagné, représentant en relations de travail pour le syndicat, des véhicules sont souvent affectés sur des appels à Lévis, particulièrement ceux basés à Saint-Charles et Sainte-Marie.

Cette situation laisse certaines parties du territoire avec un service réduit avec les délais et les conséquences potentielles que cela engendre, laisse-t-il entendre avec plusieurs exemples en tête. «Le véhicule de Saint-Charles est très souvent pris à répondre à des appels à Lévis. C’est aussi le cas à Saint-Lambert et Saint-Henri. Quand ces territoires deviennent à découvert, parce que toutes les ambulances en fonction sont sur d’autres appels, cela a des répercussions dans les localités avoisinantes, à Armagh et même à Sainte-Claire, par exemple. Lors d’une telle situation, la centrale d’appels d’urgence demande l’affectation du véhicule le plus près qui provient d’une région avoisinante de Lévis.»

Conseiller-cadre aux services pré-hospitaliers, d’urgence et sécurité civile au CISSS Chaudière-Appalaches, Dominic Desrosiers-Fortin convient que de telles situations se produisent. «On travaille dans un monde difficile à prévoir. La dynamique du déploiement des ambulances sur l’ensemble du territoire amène ce genre de situation et le contraire arrive également. Il faut aussi prendre en compte que la majorité de ces véhicules converge vers l’Hôtel-Dieu de Lévis et une fois disponible, les ambulanciers peuvent être appelés sur le territoire de Lévis en raison de leur proximité du moment et de l’urgence de l’appel.»

Si certains messages véhiculés laissaient entendre que certains décès auraient pu être évités si la réponse des ambulanciers avait été plus rapide, M. Gagné ne souhaite toutefois pas se rendre là. «On ne peut pas présumer de cela, mais meilleurs sont les délais d’intervention, meilleures sont les chances de réanimation et d’avoir peu de morbidité. Si nous avons un infarctus à traiter, par exemple, et que les délais se prolongent, les conséquences ne seront pas les mêmes pour un délai de dix minutes comparativement à une heure.»

Ajouts dans Bellechasse

Sans vouloir minimiser la situation, M. Desrosiers-Fortin explique que des ajustements ont été apportés avec le temps. Des modalités permettent l’ajout ponctuel de ressources. «C’était davantage problématique il y a quelques années, car le secteur de Bellechasse était passablement sollicité. C’est pourquoi des ajouts importants ont été faits avant l’été, une centaine d’heures à Saint-Charles et Sainte-Claire. Saint-Charles était une priorité provinciale et nous avons pu y ajouter des choses. À Sainte-Claire, le véhicule de jour a davantage d’heures et travaillera également les week-ends.»

Jean-François Gagné juge sévèrement le fait que Lévis ait moins de véhicules ambulanciers autorisés que d’autres villes québécoises de même taille. «Nous avons un grand territoire et 160 000 de population. La couverture de nuit à Lévis est équivalente à celle de Saint-Georges avec deux véhicules. Les derniers ajouts à Lévis remontent à 2008.» M. Desrosiers-Fortin répond qu’un véhicule était sollicité au-delà de sa capacité et que l’enjeu devait être endossé.

M. Gagné souhaite également dissocier le dossier du manque d’ambulances de celui des négociations en cours. La manifestation tenue à Québec il y a quelques jours est venue fausser le débat, selon lui. «Cela fait deux semaines qu’on explique aux gens que nos demandes de véhicules ne font pas partie de nos revendications dans la convention collective. C’est un autre dossier et le ministre Barrette ne doit pas penser cela. Le jour où il ajoutera des camions, je ne demanderai plus rien.»

M. Desrosiers-Fortin a récemment rencontré les représentants des ambulanciers. Son message a été simple, Lévis fait partie des priorités. «Nous sommes rendus à eux. Nous travaillons sur un plan qui privilégie ce secteur, ainsi que sur une situation délicate à Saint-Flavien. Il est certain qu’un éventuel ajout à Lévis viendra atténuer le déplacement possible de véhicules de Bellechasse ou d’ailleurs vers Lévis pour des raisons autres que le transport des gens du coin.»