Manque de dentistes en Chaudière-Appalaches

SANTÉ. Rendez-vous espacés et refus de nouveaux patients, telle est la réalité de nombreuses cliniques dentaires. Chaudière-Appalaches compte plus de 200 dentistes à l’heure actuelle, mais notre région nécessiterait 85 professionnels supplémentaires.

Selon Dre Marie-Claude Desjardins, présidente de l’Association des chirurgiens-dentistes du Québec (ACDQ), cette réalité ne touche plus seulement les régions éloignées des grands centres urbains. La proximité de Chaudière-Appalaches avec Québec ne joue pas nécessairement en notre faveur.

« Les doctorats, en médecine dentaire, se donnent dans trois universités à Montréal et Québec. Les futurs dentistes développent naturellement un réseau personnel et professionnel, un cercle social, ainsi qu’une certaine stabilité de vie. La combinaison de ces facteurs peut rendre plus complexe un retour ou une installation en région », mentionne la Dre Desjardins.

Pour régler partiellement cette problématique, l’ACDQ subventionne des stages en région. Même s’il existait une obligation de pratiquer à l’extérieur des grands centres urbains, d’autres éléments provoquent une tempête parfaite.

« Il y a une pénurie d’hygiénistes dentaires. Juste en Chaudière-Appalaches, où l’on a 353 hygiénistes, ça en prendrait au moins 80 de plus. Le Régime canadien de soins dentaires nous met une pression, même si l’on salue cette aide vers l’accès aux soins. Aussi, la population vieillit, mais avec leurs dents [au lieu des dentiers] », rappelle la présidente de l’ACDQ. 

En moyenne, 175 étudiants sont admis annuellement en médecine dentaire à l’Université Laval, l’Université de Montréal et l’Université McGill, un nombre jugé insuffisant pour répondre à la demande croissante.

« Un dentiste propriétaire planifie généralement sa retraite plusieurs années à l’avance, afin d’assurer le transfert de sa clinique à une relève. Dans le contexte actuel, trouver cette relève représente un défi supplémentaire », admet Dre Marie-Claude Desjardins.

Un comité, regroupant plusieurs intervenants du milieu, travaille actuellement à développer une cartographie des besoins dentaires sur le territoire québécois. Fait à noter, l’immigration professionnelle ne serait pas la solution miracle attendue.

« Les dentistes des autres pays doivent obtenir leur équivalence [en dentisterie québécoise]. Notre niveau de qualité en soins dentaires est impressionnant. Certains dentistes vont préférer suivre la formation québécoise comme hygiéniste dentaire », conclut Dre Marie-Claude Desjardins.