Optimisme prudent chez les producteurs de bois

FORÊT. Si les marchés montrent de signes de stabilité, malgré une tendance des prix à la baisse, la prudence demeure de mise chez les producteurs de boisés de la région, surtout à la suite d’une série de fermetures de scieries au Québec et ailleurs, dans l’est du pays.

Devant déjà composer avec des droits de douane, avant même les menaces du président américain Donald Trump en octobre dernier, l’industrie vit constamment avec une certaine pression, quelques scieries ayant déjà écopé sur la Côte-Nord, au Saguenay et au Bas-St-Laurent, notamment. La Beauce et l’ensemble de Chaudière-Appalaches semblent vouloir échapper à la vague, pour le moment.

Directeur général de l’Association des propriétaires de boisés de la Beauce (APBB), Éric Cliche termine une tournée des scieries de la région et remarque que les scieries continuent d’acheter, avec une certaine fluidité. Le marché montre des signes de stabilité relative et malgré certaines baisses de prix déjà observées en décembre, les livraisons se déroulent avec une fluidité supérieure aux mois précédents.

« Il est vrai que c’est difficile en forêt publique et les moulins qui en dépendent peuvent trouver la chose plus difficile, surtout s’ils dépendent des marchés américains. On s’en sort un peu mieux que les autres régions, en raison des scieurs privés. Nous pouvons être optimistes, mais prudents. C’est un optimisme supérieur à ce que nous avions en novembre dernier, car plusieurs industriels se sont ajustés », résume M. Cliche.

S’il n’y a pas de fermeture d’usine d’anticipée ou de baisse de prix radicale à l’horizon, il pourrait toutefois y avoir certaines consolidations, avoue M. Cliche. « Des usines pourraient être tentées de faire du temps partagé, simplement pour garder tout leur personnel et éviter une baisse importante de leurs inventaires. À court terme, il n’y a pas d’enjeux pour l’instant. »

Forêt publique vs forêt privée

La région bénéficie du fait qu’elle est surtout composée de propriétaires privées, tandis que d’autres régions au Québec vivent l’inverse. C’est ce qui peut provoquer un certain déséquilibre, avoue M. Cliche.

« Dans le bois à pâtes, il y a un joueur majeur et dominant, Domtar, avec qui nous avons de bonnes ententes et qui s’approvisionne chez nous, mais dans d’autres régions au Québec, c’est différent. Il y a une concurrence forêt publique – forêt privée, principalement dans le sciage. »

Cette concurrence a créé certains remous dans la région au cours de l’été et même l’automne dernier, rappelle M. Cliche. « À l’automne, il y avait du bois de l’Outaouais qui était livré chez nous, car ils étaient inondés de forêt publique. On a aussi dû composer avec des livraisons de bois provenant de chablis du Bas-St-Laurent dans le passé. Ce que l’on vit n’est toutefois rien, comparativement à d’autres régions », résume-t-il.

Selon Éric Cliche, les propriétaires de la région doivent ainsi demeurer prudents, alors que la situation demeure fragile. Ce réflexe demeure essentiel pour éviter les surplus, assurer des débouchés et maintenir une relation commerciale stable avec les partenaires régionaux.