Patrick Simard cède la direction générale
SANTÉ. Président-directeur général du CISSS de Chaudière-Appalaches depuis décembre 2020, Patrick Simard prendra sa retraite, le 18 mai prochain, laissant la fonction à celui qui était son adjoint depuis quelques années, Marco Bélanger.
Directeur du Centre jeunesse Chaudière-Appalaches, M. Simard avait été nommé, à la création du CISSS en 2015, au poste d’adjoint au PDG de l’époque, Daniel Paré. Ce dernier avait finalement quitté le CISSS au milieu de la pandémie de Covid-19 pour devenir responsable de la vaccination, étant nommé à ce poste par le ministre de la Santé, Christian Dubé.
C’est à la suite de ce départ que M. Simard avait accédé à la fonction de PDG. « Il y avait beaucoup d’apprentissages au début, mais ça s’était bien passé, car nous travaillions beaucoup en collégialité, Daniel et moi. »
Sa décision a été prise il y a un certain temps et il avoue avoir voulu qu’une période s’écoule avant son départ, question de terminer certains dossiers et de s’y préparer émotionnellement. « Ce sont des deuils relationnels, c’est certain, mais je suis serein dans ma décision. J’avais d’abord été nommé par intérim, puis nommé officiellement ensuite, alors j’ai fait à peu près cinq années et demie dans ce rôle », note-t-il.
Composer avec la pandémie
Il estime s’en être bien sorti dans les circonstances, même si son début de mandat a été plutôt complexe, en raison de la Covid-19. « Pendant la pandémie, c’était très intense, mais concentré sur un dossier. Il y avait la gestion de crise, mais il y avait un aspect plus facilitant pour le reste. Ça a été exigeant, mais nous avons réussi à tirer notre épingle du jeu en étant créatifs, même si trouver l’équilibre était difficile. »
Il rappelle que de nouvelles directives étaient souvent diffusées les vendredis en après-midi, alors de réussir à garder une vision locale des choses représentait un défi. « On a travaillé à garder une adaptation locale, car on ne voulait pas échapper de clientèle particulière. On s’était donné cette permission en suivant les balises établies. »
Parmi les choses qui le rendent fier, Patrick Simard note rapidement le développement du volet recherche au CISSS de Chaudière-Appalaches. C’est sous sa gouverne que s’est développé, notamment, le volet universitaire, soit un maillage entre la recherche et les aspects cliniques sur le territoire.
« Quand on est gestionnaire, on veut s’assurer d’une bonne performance, mais on aime aussi être des développeurs. On l’a fait notamment au niveau des maisons des aînés et de la création de notre faculté de médecine de l’Université Laval à Lévis, qui se sont faites de longue date. Nous avons aussi déposé une demande de reconnaissance de notre centre de recherche pour devenir un CIUSSS. Ce type de choses aide à attirer les meilleurs », cite-t-il en exemple.
La proximité importante
Patrick Simard a dû composer avec les enjeux des soins de proximité, lors de son passage à la direction du CISSS de Chaudière-Appalaches. Il avoue que certains dossiers ont été plus complexes que d’autres à ficeler.
« La proximité et la valeur d’équité ont fait partie de mes priorités et j’ai eu ça à cœur. Chaudière-Appalaches est une grande région et oui, il faut s’occuper du curatif, mais il ne faut pas oublier le préventif. Il faut s’occuper autant de Thetford, de Montmagny, de Bellechasse ou de la Beauce que de Lévis. Il y a des clientèles plus vulnérables, qui ont des besoins particuliers, mais qui ont accès à moins de ressources. J’ai toujours voulu être accessible dans mon mandat pour les élus et les instances », assure-t-il.
Patrick Simard décrit le système de santé comme une gestion sous contraintes. « Il y a plusieurs choses qu’on ne contrôle pas. Les médecins choisissent où ils souhaitent pratiquer à l’intérieur d’un réseau. On doit composer avec les ordres professionnels et les conventions en vigueur, alors c’est d’accepter de vivre avec cela et de faire cheminer les choses, en faisant valoir certains aspects, tout en acceptant qu’à l’occasion, ce n’est pas nous qui décidons », résume-t-il.
L’arrivée récente de Santé-Québec a aussi amené son lot de changements, ce qui a eu pour effet de modifier légèrement la fonction de PDG, avoue M. Simard. « Québec a pris davantage un rôle tactique ou de livraison des services et nous sommes devenus davantage des opérateurs, mais demeurons au cœur de l’action, sauf que les niveaux de responsabilités ont évolué. »
La culture de l’organisation
M. Simard rappelle que le CISSS a officiellement vu le jour en 2015, avec la fusion de neuf organisations. « Tous les postes de cadres avaient été abolis. Nous devions réussir à relever le défi de faire travailler tout ce monde ensemble et cultiver le nous, pour travailler en équipe dans une vision régionale. De voir du monde de Lévis aller donner un coup de main à Thetford, parce qu’il y a un manque de ressources, d’avoir une vision régionale qui amène une entraide régionale, c’est un gros gain. Il y a des inconvénients, mais on s’est donné une masse critique et brisé les silos qui existaient. C’est ce qui sera le plus durable », estime-t-il.
Il convient que le CISSS de Chaudière-Appalaches est une grosse organisation avec plusieurs réalités, plusieurs missions, plusieurs secteurs et plusieurs orientations ministérielles. « On a atteint la maturité de l’organisation. Nos processus de ressources humaines, de qualité et d’autres ont été uniformisés. On a dû ralentir en raison de la pandémie, mais je pars confiant, car nous avons une bonne équipe de direction et de gestion, puis un bon niveau de performance, grâce à notre personnel. »
La communication avec la population demeure un défi, observe-t-il, souhaitant que cet aspect puisse devenir davantage efficace. « On travaille à déployer des mécanismes de consultation et de mobilisation qui seront davantage à proximité des communautés. Comment on peut avoir les avantages d’une grande organisation et de pouvoir se déployer de façon plus sectorielle, pour mieux adapter l’offre de services, mais aussi mieux communiquer avec la population et d’avoir le bon langage. »
Entre-temps, Patrick Simard dit ne pas avoir de projets particuliers et souhaite davantage prendre un temps de repos, un pas de recul. Il n’écarte pas une implication éventuelle dans un domaine encore inconnu. « C’était la volonté de prendre un temps d’arrêt, d’abord. J’ai de l’ouverture à ça, c’est certain, je vais voir les opportunités, les besoins et autres. Je veux toutefois prendre une pause pour moi, mes parents sont plus âgés et je veux m’investir un peu là-dedans, au niveau familial. Je n’ai pas encore un projet précis », dit-il en terminant.
