Eaux usées: Saint-Charles en mode solution
ENVIRONNEMENT. La municipalité de Saint-Charles se retrouve de nouveau dans le palmarès des déversements d’eaux usées au Québec, compilé par la Fondation Rivières, occupant le 5e rang à travers le Québec, alors qu’elle se situait au 83e rang l’an dernier.
La Fondation présente son classement annuel des municipalités où des eaux n’ont subi aucun traitement avant d’être rejetées dans les rivières. Cette fois-ci, on y précise que la municipalité de Saint-Charles a rapporté 85 déversements pour un indice d’intensité par habitant de 27,2 en 2024, le plus haut en Chaudière-Appalaches devant Thetford à 16,5 et Beauceville à 8,6.
Ailleurs en Bellechasse-Etchemins, on retrouve Saint-Prosper au 166e rang provincial avec un indice somme toute modéré à 0,72. Les localités de Saint-Raphaël et Sainte-Claire suivent au 216e et au 233e rang avec des indices à 0,24 et 0,12, respectivement.
Tout en sachant que la municipalité a entrepris des démarches pour moderniser certaines de ses installations, le directeur général de la Fondation, André Bélanger, considère l’indice élevé. « On remarque que ça déborde toujours au même endroit à Saint-Charles et que le nombre d’heures est important à 1 730 heures. C’est beaucoup plus cet aspect que le nombre de déversements que l’on doit considérer ici et qui fait mal. On remarque aussi qu’il y a eu des débordements huit fois par temps de pluie », ajoute-t-il.
Au total, 415 municipalités ont connu 44 809 épisodes de déversements d’eaux usées dans les lacs et rivières en 2024, une diminution de près de 6 000 par rapport à l’année précédente qui s’expliquerait par un hiver avec peu de neige et un été plutôt sec. Par contre, 271 municipalités ont aussi dépassé les normes de rejets fixées par le ministère pour limiter l’impact des déversements sur les milieux naturels et les usages.
Une modernisation souhaitée depuis longtemps
Si M. Bélanger croit que c’est le réseau d’aqueduc et d’égouts qui est en cause, le maire de Saint-Charles, Pascal Rousseau, assure que l’irritant majeur est à l’usine qui ne suffit pas à la demande, ce qui provoque des débordements. « Nos non-conformités se situent surtout dans des périodes comme le printemps, à la fonte des neiges, ou lors des pluies d’automne, alors que l’eau arrive en grande quantité et l’usine n’a pas le temps de la traiter. »
Le directeur général de la municipalité, Jean-François Comeau, précise que les démarches de la municipalité s’accentueront en 2026. « Ça fait près de dix ans que la municipalité place des demandes au gouvernement pour l’usine. Nous sommes à évaluer les choses à changer à l’usine pour la rendre performante et rencontrer les normes actuelles. Le mandat pour identifier les besoins de modernisation sera donné en 2026. »
Pascal Rousseau fait remarquer que la municipalité de Saint-Charles a obtenu, en avril dernier, l’assurance que son projet de modernisation de son usine de traitement des eaux usées pourrait éventuellement aller de l’avant, le gouvernement du Québec ayant retenu le projet. La municipalité souhaite depuis longtemps avoir de l’aide pour remplacer les équipements et augmenter la capacité de traitement de l’usine, celle-ci étant devenue désuète avec le temps.
« Nous sommes en mode solution. Nous avons été acceptés, mais ça n’avance pas vite. Nous sommes à jour et avons une firme d’ingénieurs là-dessus, mais on ne peut brusquer les choses. Il y a d’autres facteurs qui entrent en ligne de compte dans la contamination des rivières. »
Députée provinciale de Bellechasse, Stéphanie Lachance confirme que le projet est dans les cartons à Québec et dit avoir été régulièrement mise à contribution. « Ils ont leur lettre d’éligibilité au programme. Maintenant, il y a un travail à faire pour monter le projet et le déposer formellement. Ce n’est qu’une fois qu’il sera déposé que je pourrai le suivre et talonner pour le faire aboutir le plus rapidement possible. »
