Saint-Malachie : nouveau conseil, même climat

MUNICIPAL. Élu en novembre dernier, le maire de Saint-Malachie, Bryan Dionne, est à même de constater que la gestion municipale est une démarche compliquée, autant pour les dirigeants et les élus que le simple citoyen.

Il arrive régulièrement que des citoyens adressent des demandes à leur municipalité, à l’occasion pour répondre à un questionnement ou encore à un dossier individuel. La lourdeur et la complexité des démarches peuvent toutefois donner lieu à des sautes d’humeur et des échanges musclés entre des citoyens et leur municipalité.

À Saint-Malachie, le nouveau conseil municipal vit une situation tendue avec quelques citoyens, situation qui avait débuté avec l’ancien conseil. Le procès-verbal de la séance du 13 janvier dernier fait état de coûts importants reliés au traitement de dossiers légaux impliquant la municipalité.

Un citoyen a fait parvenir plusieurs mises en demeure à la municipalité au cours des dernières semaines et des derniers mois, ce qui monopolise le temps de certaines ressources. Cette personne avait d’ailleurs annoncé, le 8 décembre dernier, avoir lancé une poursuite en dédommagement contre la municipalité et l’organisme Passeport Animal, pour la somme de 12 000 $, cette dernière ayant été mandatée par la municipalité, à son avis, pour la capture des chats errants.

« Ici, nous avons un contrat avec l’entreprise Passeport Animal pour le contrôle des chiens, pour être conformes à la règlementation provinciale. Nous sommes dans un milieu agricole et des chats, plusieurs en ont, sauf que ça ne fait pas partie de notre contrat », précise toutefois le maire Dionne.

Ce même citoyen a également lancé une autre mise en demeure, cette fois-ci à la directrice générale de la municipalité, alléguant que celle-ci porte atteinte à sa dignité et à sa réputation et menace de déposer des procédures judiciaires en dommages pour un montant de 75 000 $.

Puis, une mise en demeure a aussi été signifiée, aux élus de la municipalité, alléguant que ceux-ci ont fait du détournement de pouvoir et de collusion avec la Sûreté du Québec contre lui, et ainsi porté atteinte à sa dignité et à sa réputation. Le citoyen menaçait ainsi ainsi de déposer des procédures judiciaires en dommages pour un montant de 75 000 $ si la municipalité et les élus ne lui adressaient pas des excuses.

Le maire Dionne indique que le citoyen en question n’assiste même pas aux séances du conseil municipal. « Ce monsieur émet des commentaires sur des choses qu’il ne maîtrise pas et ce n’est que pour nuire et créer de la dissension », soutient-il.

Une lourdeur inutile

Bryan Dionne ajoute avoir remarqué, depuis son arrivée en novembre dernier, que les règles sont difficiles à appliquer pour certaines personnes. Il espère changer la culture autour des événements politiques, du conseil et de la permanence. « On donne la parole aux gens dans un esprit communautaire, mais malheureusement, on devra adopter des règles. Ce sont toujours les mêmes personnes qui posent toujours les mêmes questions », se désole-t-il.

« Ce n’est pas du simple chialage. Si c’était le cas, ce serait quelqu’un qui se plaindrait d’une situation, mais qui finirait par ravaler parce que, soit il n’avait pas raison, soit qu’il y a une limite à nos interventions comme municipalité. »

Des démarches sont ainsi en cours au niveau légal pour faire en sorte que la permanence du bureau municipal et les élus puissent faire leur travail normalement et être respectés, comme il se doit, ajoute Bryan Dionne. « On ne peut pas laisser des gens raconter des faussetés pour se faire du capital. On fait du sur place en raison d’une poignée d’individus qui ont un impact sur l’ensemble de la communauté. La majorité silencieuse n’assiste pas à cela. »

Sans parler d’une situation d’abus de procédure, M. Dionne estime que trop de temps doit y être consacré, ce qui se produit au détriment des activités régulières de la municipalité. « C’est une situation qui exige beaucoup de temps à la direction et aux élus, du temps qu’on ne peut mettre sur le quotidien, en plus des coûts que cela engendre. Cela affecte les activités de la direction, des élus et, conséquemment, des citoyens. »

Le maire Dionne a profité de la séance de février pour lire un mot devant les citoyens présents, disant le faire au nom de la direction et des conseillers. « Les gens autour de la table ont hâte de travailler. Passer la moitié de ta rencontre de travail avec un avocat, plutôt que de travailler pour les citoyens, n’est pas très constructif. Comme municipalité, nous devons respecter l’obligation de répondre aux citoyens, mais ça exige du temps et le reste », ajoute-t-il, en conclusion.