Station touristique Massif du Sud: Daniel Pouliot craint une occasion ratée

SAINT-PHILÉMON. Maire de Saint-Philémon depuis 2009, Daniel Pouliot salue la volonté du promoteur Louis Beauregard d’implanter, dans le Parc du Massif du Sud, la plus longue tyrolienne au monde qui serait accessible via un nouveau remonte-pente qui pourrait être installé sur les terrains de la Station touristique Massif du Sud et qui servirait les intérêts des deux entités.

Se rappelant plusieurs projets qui ont eu lieu dans le secteur de la station de ski et d’autres qui n’ont jamais été réalisés, pour diverses raisons, il a dit espérer que ce nouveau projet, principalement la venue d’un nouveau remonte-pente, ne devienne pas « une nouvelle occasion ratée » pour la station touristique, a-t-il mentionné.

« Cela fait depuis 2009 que je travaille avec la station de ski en tant que maire et il y avait toujours quelque chose qui bloquait ou ne fonctionnait pas quelque part. On avait déjà regardé pour ajouter un remonte-pente avec la MRC et même la possibilité, pour la municipalité, d’acheter cette dernière en collaboration avec la MRC en 2014, mais cela n’a pas fonctionné non plus. Il y avait beaucoup d’argent à investir dans celle-ci à ce moment », rappelle le maire lors d’un récent entretien avec le journal.

« Quand je vois et surtout entends M. Beauregard parler de son projet, je me dis que ce serait un gros plus pour tout le monde, incluant la station de ski. Il ne faudrait pas que ce soit une occasion manquée », insiste-t-il en précisant que la municipalité avait écrit une lettre d’appui pour ce projet. Il dit aussi avoir déjà partagé ses états d’âme, à cet effet, avec l’actuel propriétaire de la station de ski, Pierre-Yves Charest.

« Les utilisateurs verraient aussi cela d’un bon œil, assurément », poursuit le maire qui mentionnait, lors de la rencontre avec le journal, qu’un dialogue entre MM. Charest et Beauregard était essentiel, sans savoir cependant si les deux promoteurs s’étaient parlé à ce sujet.  

Un besoin depuis longtemps

La question de l’aménagement d’un nouveau remonte-pente à la station touristique ne date pas d’hier, rappelle le maire Pouliot, soulignant que dès 2009, des skieurs venaient régulièrement aux réunions du conseil municipal afin de discuter de l’importance d’avoir une telle infrastructure.

« Ils nous disaient de laisser faire les taxes impayées (à ce moment) pour que l’ancien propriétaire puisse installer un nouveau remonte-pente à la place de celui qui était là (et est toujours) depuis 1989 et qui représentait, aux yeux de plusieurs, un frein au développement de la station de ski du fait qu’il était désuet. Beaucoup d’argent a été investi au fil des ans dans son entretien et dans de nombreuses réparations », poursuit-il en rappelant que la technologie en matière de remonte-pente avait beaucoup changé au fil des ans.

« Il s’agissait d’un remonte-pente européen. Avoir des pièces de remplacement coûtait une fortune et c’était difficile d’en avoir. Il a été remis à niveau suivant une technologie nord-américaine, ce qui rend son entretien plus facile, mais il reste avec les mêmes défauts du temps, sans oublier que lorsqu’il vente beaucoup, il faut l’arrêter », soutient-il.

Il salue les efforts de l’actuel propriétaire, Pierre-Yves Charest, qui a investi d’importante sommes d’argent dans la station depuis son acquisition. « En 2014, on parlait d’investir 5 M$ sur 5 ans pour la remettre aux normes. Il fallait aussi changer les BR et M. Charest a investi d’importantes sommes là-dedans quand il est arrivé à la station », rappelle le maire.

Des occasions ratées

Lorsqu’il parle d’occasions ratées par la station de ski, M. Pouliot rappelle que cette dernière a passé à plusieurs reprises à côté de subventions pour des remonte-pente ou de l’enneigement entre 2009 et 2020. Il est certain que le dossier des taxes impayées, avant 2017, n’avait rien pour aider, selon lui.

Tout n’était cependant pas noir pour le secteur de la station de ski qui a profité, rappelle le maire, d’un important développement domiciliaire.

« En 2009, la municipalité avait investi 9 M$ pour installer les infrastructures d’aqueduc et d’égouts dans le secteur du Massif, projet qui avait bénéficié d’un investissement de 4,5 M$ du gouvernement, le reste étant financé par une taxe de secteur. Cette année encore, nous avons investi 500 000 $ dans de la recherche en eau afin de pallier les besoins du futur et les résultats semblent très positifs », poursuit le maire en ajoutant que la venue d’un deuxième remonte-pente permettrait assurément de donner un nouveau souffle à la station de ski elle-même.

« Quand nous avons décidé d’investir dans les infrastructures d’aqueduc et d’égouts dans le secteur de la station touristique, plusieurs citoyens s’interrogeaient à ce moment sur les raisons pour lesquelles la municipalité investissait dans le projet d’un promoteur qui ne payait pas ses taxes. Nous savions que c’était nécessaire si on voulait éviter sa fermeture et de toute façon, nous savions aussi que les infrastructures existantes, à ce moment, n’étaient pas aux normes. On se disait qu’en investissant, la station allait reprendre de la valeur, que l’on allait retrouver notre argent, même si ça n’a pas toujours été facile », convient-il en se réjouissant des nombreux développements réalisés et du potentiel qui est toujours présent pour l’avenir.

« On a investi pour avoir de l’eau et on a fait des études pour les égouts et doubler la capacité de traitement des étangs, en changeant des pompes, pour un montant assez raisonnable. Si on a de l’eau pour 300 à 400 portes supplémentaires et la capacité d’ajouter autant de portes pour le traitement, on va être en voiture et le promoteur aussi. »