Tordeuse des bourgeons d’épinette: rien de gagné, malgré un ralentissement
FORÊT. Des arrosages préventifs, devant permettre de contrôler la prolifération de la tordeuse des bourgeons d’épinette dans la région, auront bientôt lieu, principalement dans la MRC de L’Islet. Québec a d’ailleurs annoncé un soutien financier de 200 000 $ pour permettre l’exercice sur 2 565 hectares du territoire de Chaudière-Appalaches.
Les arrosages seront plus précisément de 890 hectares en forêt publique et de 1 675 hectares en forêt privée. Les propriétaires concernés ont déjà été prévenus de la démarche. « C’est vraiment concentré dans L’Islet encore cette année, car l’infestation n’a pas véritablement rejoint Lévis, Bellechasse ou la Beauce, même si on a pu l’apercevoir sur le terrain l’été dernier. Elle est là, mais n’a pas atteint le stade épidémique », indique Jean-Pierre Faucher, directeur général de l’Agence de mise en valeur des forêts privées des Appalaches.
Il y a tout de même une bonne nouvelle, fait valoir M. Faucher, puisque l’étendue des territoires touchés n’est pas celle que l’on craignait, il y a quelques années, la prolifération étant moins intense qu’anticipé. « Nous sommes passés de 17 000 hectares en 2024 à 6 500 hectares de défoliation l’an dernier. Nous avons connu un printemps frais et pluvieux en 2025, ce qui fait que la bébitte s’est réveillée et n’avait rien à manger, alors elle ne s’est pas développée autant. Elle a quand même gagné du terrain, vers le sud dans L’Islet. »
Les facteurs climatiques peuvent avoir une influence, confirme Pierre Therrien, entomologiste au ministère des Ressources naturelles et de la Faune. « L’épidémie provient du Bas-St-Laurent et progresse contre les vents dominants, ce qui ralentit sa progression vers l’ouest. Les densités de population de papillons comptent également. De là à dire que c’est le printemps qui a eu une influence, je ne peux aller jusque-là. C’est un peu tôt pour dire ce qui se produira cet été. »
Il rappelle que les premiers signes de la présence de la tordeuse sont apparus en 2020 dans la région. Si une épidémie dure généralement entre 15 et 20 ans, M. Therrien hésite à anticiper une fin au phénomène. « J’avoue que l’épidémie actuelle, je ne suis pas sûr que ça va tenir. Si on regarde au Saguenay-Lac-Saint-Jean, ça a débuté en 2006 et c’est encore la région où il y a le plus d’arrosage. Il se pourrait que ce soit un peu plus long que ce que l’on a l’habitude de voir. »
Il mentionne enfin que l’arrosage préventif qui sera réalisé vise d’abord à préserver les milieux et non à enrayer l’épidémie. « Je ne sais pas si les arrosages ont un effet réel sur l’épidémie elle-même. Le but est de garder les arbres en vie, dans des secteurs à haute valeur économique, jusqu’à ce que l’on puisse les récolter. »
