Un point de service du CLSC à Saint-Damien
SANTÉ. Les services de santé dans le sud de Bellechasse connaitront certaines modifications dans un avenir rapproché, alors que des infirmières praticiennes spécialisées et d’autres services seront dispensés dans les locaux de la coopérative de santé à Saint-Damien.
La Coopérative de santé des Monts de Bellechasse cherchait à pallier aux départs des deux médecins qui y œuvraient, jusqu’à tout récemment, ayant choisi d’aller pratiquer dorénavant à la clinique de Saint-Charles, mais toujours au sein du GMF Bellechasse.
Le CISSS de Chaudière-Appalaches travaillait depuis un certain temps à trouver des solutions dans le but de maintenir des services de santé dans le sud de la région et l’annonce récente de la ministre de la Santé du Québec, Sonia Bélanger, qui souhaite refaire des CLSC une porte d’entrée physique pour l’accès en première ligne pour toutes les personnes qui en auront besoin a ouvert la porte à cette avenue.
La ministre avait d’ailleurs annoncé le déploiement de huit nouvelles cliniques IPS, dont une dans Bellechasse-Sud, sans compter le niveau d’effectif qui sera relevé dans 11 cliniques, dont celle dans Bellechasse.
Directrice générale adjointe des programmes sociaux, de la réadaptation et de la santé communautaire au CISSS de Chaudière-Appalaches, Stéphanie Simoneau explique que l’organisation tenait à assurer des services de santé dans le sud de Bellechasse, tout en améliorant l’accès à des soins de première ligne, en plus de rassurer la population du secteur.
« Le modèle dans Bellechasse est très intéressant, car on parle d’une clinique innovante, rurale et de première ligne. Ce sera davantage qu’une clinique IPS, car elle fera partie d’une clinique multi-sites, accessible sur sept jours, même en soirée. On travaillera avec certaines ressources qui sont déjà affectées au CLSC de Saint-Lazare, dont nos IPS, mais la bonification sera de travailler avec la coop de santé pour créer un nouveau site CLSC à l’intérieur de la coop ».
Maintenir des services en ruralité
Députée de Bellechasse, Stéphanie Lachance voit deux bonnes nouvelles dans l’annonce du CISSS, celle de redonner un rôle aux CLSC, en plus d’assurer le maintien de services dans Bellechasse-Sud. « Le CLSC de Saint-Lazare est central géographiquement et dans le projet, nous sommes dans le cœur de la MRC. On vient aussi offrir une diversité avec des professionnels qui pourront travailler en cohésion. L’idée a toujours été de redonner des services de proximité à tous les citoyens, particulièrement dans le pôle Sud ».
Interrogé il y a deux semaines en marge du premier conseil d’administration d’établissement du CISSS, depuis la venue de Santé-Québec, le PDG du CISSS de Chaudière-Appalaches, Patrick Simard réitérait l’engagement de son organisation à trouver une solution pour les soins de santé dans le sud de la région, à la suite de l’annonce du départ des médecins pour Saint-Charles.
« L’accessibilité à des soins et des services, c’est une chose. L’accessibilité de proximité en est une autre et on y porte une attention particulière. Nous savions que ça s’en venait à Saint-Damien. C’est pourquoi nous avons annoncé le déploiement d’une clinique d’infirmières praticiennes spécialisées, avec une antenne au CLSC de Saint-Lazare.
Stéphanie Simoneau ajoute que les bâtiments de la coopérative pourraient éventuellement loger une équipe multidisciplinaire, offrant ainsi davantage de services. » On souhaite y jumeler d’autres spécialités tels que physiothérapeute, ergothérapeute, travailleurs sociaux et il pourrait y avoir d’autres types d’emploi. Tout ça sera disponible sur rendez-vous, mais aussi sans rendez-vous et à tout le monde, de façon à rapprocher les services ».
Les travaux de modernisation du bâtiment et des locaux réalisés par la coopérative au cours des derniers mois seraient un élément important de l’annonce, puisque des espaces entièrement rénovés ont été rendus disponibles, facilitant ainsi la réflexion, convient Mme Simoneau. « On devra naturellement visiter les lieux avec nos équipes cliniques, mais le fait qu’il y ait eu des rénovations, des salles d’examens, du matériel, cela devient une belle opportunité. Ça fait partie des arguments que nous avons présentés à Santé-Québec. On devra clarifier tout ça ».
Travailler par territoire de CLSC est dans l’esprit de la politique annoncée par la ministre Bélanger. Cette vaste initiative devrait permettre d’éviter plusieurs visites dans les urgences des hôpitaux, particulièrement à Lévis, estiment Mmes Lachance et Simoneau. « On s’inscrit vraiment là-dedans. On dénombre environ 12 000 visites à l’urgence chaque année, uniquement chez les gens de Bellechasse. Souvent, c’est par manque d’alternatives que les gens utilisent cette voie », conviennent-elles.
Le CISSS souhaite maintenant débuter les opérations de la nouvelle clinique santé progressivement et le plus rapidement possible. Mme Simoneau estime à 17 nouveaux postes à temps complet, l’ajout de ressources à Saint-Lazare et Saint-Damien aux termes de la démarche, incluant autant des infirmières, infirmières-auxiliaires, travailleurs sociaux et autres.
« Quelque part au début de l’été, on aimerait amorcer certaines choses. Nous avons déjà des IPS au CLSC de Saint-Lazare et cette offre se poursuit. C’est une importante augmentation des ressources. On doit tenir compte des opportunités, de la dotation des postes et tout le reste, dès que l’on pourra, on débutera. On ne veut pas étirer les choses inutilement ».
Stéphanie Simoneau précise que le vieillissement de la population et le désir de bonifier l’offre de services pour le maintien à domicile des gens étaient dans l’esprit du CISSS depuis longtemps. « C’est pourquoi on veut ajouter certaines ressources, certaines spécialités qui viendront accompagner les personnes âgées après une visite à l’hôpital ou autres ».
Stéphanie Lachance ajoute que le concept de la télémédecine pourrait aussi être utilisé pour certains services ou simplement orienter les gens vers des ressources. « C’est un projet qui inclut cette possibilité, pour tenir compte à la fois de nos besoins et de notre géographie. L’objectif ultime était de tenir compte que nous n’avons pas de ville-centre, que nous sommes dans un contexte de ruralité », conclut-elle.
