Validation dans huit municipalités de Bellechasse

ENVIRONNEMENT. Des cartes préliminaires liées à la nouvelle délimitation des zones à risque d’inondation de la rivière Etchemin sont en cours de validation dans huit municipalités de Bellechasse, soit à Saint-Anselme, Sainte-Claire, Saint-Damien, Saint-Henri, Saint-Lazare-de-Bellechasse, Saint-Léon-de-Standon, Saint-Malachie et Saint-Nazaire.

Ces municipalités sont concernées, car elles ont un affluent de la rivière Etchemin sur leur territoire. Les cartes produites par le gouvernement du Québec font actuellement l’objet d’une analyse par la MRC de Bellechasse et les municipalités touchées afin de s’assurer qu’elles reflètent le plus fidèlement possible la réalité du territoire.

Directeur de l’aménagement à la MRC de Bellechasse, Louis Garon explique que la démarche devient nécessaire et nécessitait une remise à jour. « Les épisodes d’inondations de 2017 et 2019 ont fait que le gouvernement a gelé toute autorisation de construction dans les zones inondables et empêché des MRC de changer leur schéma d’aménagement. Un nouveau régime permanent est entré en vigueur le 1er mars dernier, mais ce qui manque, c’est les cartes », fait-il valoir.

Depuis quelques semaines, la MRC invite les citoyens à transmettre toute information documentée pertinente pouvant appuyer l’analyse des zones en question, avant que ne soit produite la nouvelle cartographie. Les types de documents recherchés sont des rapports ou données produits par des professionnels habilités à délimiter des zones inondables ou des documents démontrant la présence d’une structure ou d’un ouvrage récent susceptible de modifier la délimitation d’une zone inondable, dont une digue, un barrage, un pont, et autres.

Une mise à jour

Si des citoyens affichent des inquiétudes relativement aux nouvelles cartes à être adoptées, Louis Garon estime que peu de gens devraient en subir les effets sur la valeur de leur résidence, les assurances et autres. « Dans 90 – 95 % des cas, il n’y a pas vraiment de raisons. On vient maintenant cartographier des endroits où il y avait peu de risques avant, mais où il y a maintenant davantage de risque d’inondation, en raison des changements climatiques. On nous questionne sur ces choses-là toutefois, mais c’est du cas par cas ».

Il ajoute que l’on connait mieux le territoire et ce qui s’y passe aujourd’hui. « L’ancienne cartographie avait été réalisée avec un pinceau large, avec les outils des années 80 – 90. Aujourd’hui, la méthodologie a été prouvée scientifiquement avec les données Lidar et les risques font partie des notions de probabilité ».

La période de validation prendra fin le 15 juin prochain. C’est ensuite que le ministère analysera les informations recueillies et apportera des ajustements au besoin. Le gouvernement procédera ensuite à l’adoption de la nouvelle cartographie des zones inondables, qui sera prise en compte dans l’aménagement du territoire et ses règlements.

Pour l’instant, la rivière Etchemin est la seule dans Bellechasse-Etchemins qui fait partie des zones étudiées par le gouvernement. La rivière-du-Sud dans Bellechasse sera éventuellement étudiée, mais le moment n’a pas encore été choisi, tout comme la rivière Famine qui sillonne une partie des Etchemins.

Directeur de l’aménagement du territoire et de l’environnement à la MRC des Etchemins, Éric Guénette connaît bien le territoire, étant impliqué depuis plusieurs années. Il observe peu de changements notables, comparativement aux situations du passé.

« C’est à peu près similaire à ce qui existait avant. La seule modification potentielle serait celle où la rivière longe le Mont-Orignal, puisque nous n’avions pas de données avant. Le secteur le plus à risque pour des crues dans Les Etchemins est celui des Cascades, entre Lac-Etchemin et Saint-Luc. Personne ne sera surpris, car ça se ressemble beaucoup », résume-t-il.

Il ajoute que le ministère dévoile les données préliminaires par bassin versant. M. Guénette observe que quelques cours d’eau ne semblent pas inclus dans la version actuelle, leur débit étant négligeable. « Nous sommes peu touchés par les plans préliminaires, car seule la décharge du lac Etchemin est un affluent de la rivière. Le ruisseau Bleu, qui a débordé l’été dernier, à la suite des fortes pluies n’y ait pas, mais le sera peut-être dans une deuxième version, à titre d’exemple. On surveillera ce qui sera dévoilé pour la rivière Chaudière, car cela nous touche avec la rivière Famine, mais c’est à peu près tout ».

En Beauce, la rivière Chaudière fait déjà l’objet d’un règlement, mais les élus du territoire estiment être dans l’incertitude sur son application et les conséquences de son entrée en vigueur.