Mangeons local plus que jamais

Eric Gourde 
redaction@lavoixdusud.com

Mangeons local plus que jamais
France Beaudoin s'est notamment arrêté à la ferme Caprijol de Saint-Gervais accompagnée du président de l'UPA, Marcel Groleau. (Photo : Éric Gourde)

AGRICULTURE. L’Union des producteurs agricoles du Québec (UPA) a récemment lancé la tournée « Mangeons Local plus que jamais! » dans le but de promouvoir l’achat local auprès des producteurs agricoles de la région et une application crée à cet effet.

En Chaudière-Appalaches, c’est l’animatrice et productrice France Beaudoin qui avait été retenue pour agir à titre de porte-parole de la tournée qui s’est arrêtée à Lévis, Sainte-Croix, Saint-Gervais et Saint-Bernard le vendredi 6 août dernier.

Elle ne s’est d’ailleurs pas fait prier pour accepter de cautionner l’activité à titre de porte-parole dans sa région natale. « Il y a des choses que tu as envie de faire dans la vie et d’autres non. Aujourd’hui, j’avais hâte de venir. C’est le fun à faire et ça ouvre l’esprit à d’autres façons de penser. Être autonome, se responsabiliser, être en contrôle de notre affaire, encourager notre monde, je ressors remplie de plein de choses. »

Native de Disraeli, cette dernière n’a pas été difficile à convaincre, ayant été élevée dans le domaine de l’alimentation puisque ses parents étaient propriétaires d’une épicerie. Son intérêt est demeuré constant depuis. « J’ai été élevée dans le kiosque de fruits et légumes. J’étais jeune et ma mère faisait des recherches là-dessus et commandait des choses inusitées par moment. Mon père était toujours à la recherche des meilleurs produits ou encore les plus récentes nouveautés. On a été élevés là-dedans. »

Agréablement surprise de la diversité des aliments produits dans la région, il ne faudrait pas se surprendre qu’elle revienne visiter certains des endroits chez qui elle a découvert des affinités. « Je m’attendais à beaucoup et c’est encore plus grand. Je m’attendais à ce que ce soit bon, c’est excellent. Mon coup de cœur pour les gens que j’ai rencontrés est encore plus grand. J’ai rencontré des gens qui se retroussent les manches, qui ne sont pas victimes. Ils se prennent en main. Il n’y a rien comme mettre un visage sur un produit. C’est le formage à untel, c’est le lait produit par un autre. Ça met une histoire et je le fais déjà avec mes enfants. »

Développer la sécurité alimentaire

Pour le président de l’UPA en Chaudière-Appalaches, James Allen, les termes produits à la ferme, achat local et circuit court font déjà partie du vocabulaire ou des habitudes des gens. « Celles et ceux qui vendent à la ferme ont remarqué une hausse de la demande pour les produits. Il y a une complémentarité entre la ferme traditionnelle, qui produit à gros volume, et celle qui est davantage de proximité. C’est ce que nous avions dans le passé, sauf qu’elles produisaient tous les produits. Maintenant, les établissements se sont spécialisés dans un domaine. »

Pour le président de l’UPA, Marcel Groleau, le mouvement était démarré. « Les marchés publics étaient populaires, le kiosque à la ferme était déjà dans les tendances tout comme l’autocueillette. La pandémie a toutefois démontré que si on veut améliorer et développer notre sécurité alimentaire, vaut mieux compter sur notre propre production que sur le commerce interfrontalier ou international. »

Il s’inspire d’ailleurs du défi 12 $ lancé il y a quelques mois par le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, qui évoquait que si chaque ménage québécois remplaçait chaque semaine, à l’épicerie ou au restaurant, 12 $ de ses achats de produits étrangers par l’achat d’aliments du Québec, cela permet d’injecter 1 G$ dans l’économie québécoise.

Ce chauvinisme peut-il avoir un effet pervers à long terme ? M. Groleau n’y croit pas. « Les ventes en agriculture sont en croissance au Québec tout comme les ventes à l’étranger. Souvent, on exporte où ils ne peuvent produire. Il y aura toujours un marché extérieur pour le sirop d’érable, par exemple. L’Asie n’aura jamais la possibilité de produire du porc comme on le fait ici en raison des espaces qu’ils ont. Il faut réaliser que les exportations ne viennent que compléter les paniers d’épiceries de ceux qui ne sont pas en mesure de le faire. »

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