Une préventionniste agricole à temps plein

FAITS DIVERS.  À l’automne 2025, la MRC de La Nouvelle-Beauce créait un nouveau poste dans son Service de sécurité incendie. Émilie Marceau, préventionniste agricole, travaille exclusivement auprès des producteurs opérant une ferme dans les 11 municipalités du territoire.

Au cœur de sa profession, Émilie Marceau effectue des visites en prévention incendie dans les bâtiments agricoles. Elle informe, conseille et trouve des solutions adaptées aux agriculteurs, dans un but commun à diminuer le nombre d’incendies en milieu agricole.

« Je fais plusieurs visites chaque semaine, dans les limites des mesures de biosécurité. Lorsque c’est possible, je participe aux activités en lien avec le milieu agricole, afin d’assurer une présence en soutien aux producteurs. Je suis toujours disponible lorsque les agriculteurs ont des questionnements ou ont besoin d’aide avec une situation particulière », mentionne Mme Marceau.

Comme chez les prévisionnistes réguliers, elle maintient des suivis serrés en inspection. « Après la visite initiale, nous envoyons un rapport avec les corrections demandées et les délais. Divers suivis sont effectués par la suite, par téléphone, par courriel ou en personne. Le plus souvent, les propriétaires me renvoient des photos des modifications apportées. Les visites sont ensuite répétées aux cinq, sept ou dix ans, selon le niveau de risque du bâtiment », explique Émilie Marceau.

Dans cette nouvelle approche, celle-ci confirme l’ouverture d’esprit des producteurs à son égard. « Il faut le voir comme un travail de collaboration dont le but est d’apporter des améliorations visant à les protéger, eux, leurs bâtiments et leur élevage. La plupart du temps, ce n’est pas difficile de les joindre et de prendre rendez-vous avec eux », confirme cette dernière.

Approches spécifiques

Selon Carl Poulin, coordonnateur en sécurité incendie et civile à la MRC de La Nouvelle-Beauce, les pompiers approchent différemment un incendie agricole. Ces bâtiments présentent souvent des risques accrus, dont des structures vastes, une forte charge combustible, ainsi que la présence de gaz, poussières ou équipements électriques complexes.

« On privilégie généralement une évaluation rapide de la situation, le contrôle de la propagation du feu et, lorsque les conditions le permettent, la protection des secteurs non touchés. L’évacuation ou la protection des animaux est envisagée si cela peut se faire de façon sécuritaire, sans mettre les intervenants en danger », précise celui-ci.

Les services incendie collaborent avec les propriétaires agricoles pour connaître les particularités du site, comme l’emplacement des panneaux électriques, systèmes de ventilation et matières dangereuses.

« Une attention particulière est portée à la ventilation des bâtiments et à la gestion de l’eau. Souvent, les bâtiments agricoles sont situés dans des secteurs où les réseaux d’aqueduc ne sont pas accessibles. Cela nécessite des approches et techniques d’intervention différentes, notamment l’apport en eau à l’aide de camions-citernes », dit Carl Poulin.

Comment les pompiers contrôlent-ils leur stress suivant une intervention où sont décédés plusieurs animaux ? « L’accent est mis sur le soutien entre collègues, les discussions post-intervention et l’accès à des ressources d’aide psychosociale. Le fait de pouvoir échanger sur ce qui a été vécu, de normaliser les réactions et de ne pas rester seul avec ces émotions est essentiel », conclut M. Poulin.