Trois Noëls pour Jessica

SAINT-JOSEPH. Il était une fois, une femme originaire de Tuléar au Madagascar. Vers l’âge de 21 ans, elle quitte cette ville qui l’a vu naître pour aller vivre avec son père en France. Elle y rencontre celui qui deviendra son mari : un Français d’origine camerounaise. Ensemble, ils auront trois garçons, dont le plus jeune est né le 28 décembre dernier en sol beauceron. Aujourd’hui, Jessica Jonas a 39 ans, elle vit à Saint-Joseph-de-Beauce avec sa famille, et les Fêtes de fin d’année s’annoncent des plus colorées !

Tel qu’elle le raconte, Noël à Madagascar est aussi une fête familiale, mais surtout religieuse. « C’est la période où les enfants sont bien habillés pour aller fêter Noël à l’église, en attente de la distribution des bonbons. Dans mes souvenirs, on passait énormément de temps à l’église. Il n’y a pas de culture de cadeaux, et ce n’était pas vraiment grave à l’époque. C’était rare d’avoir des cadeaux à Noël », dit-elle.

Une fois en France, choc de culture, car le Noël français ressemble beaucoup au Noël québécois : beaucoup de cadeaux, réunions en famille…

« Nous n’avions pas forcément de tradition familiale, mais une chose est sûre, c’est que ma mère aimait beaucoup cuisiner pendant les Fêtes et je pense que j’ai hérité cela d’elle. Alors, quand j’ai quitté mon pays pour aller en France, j’ai appris à cuisiner comme elle le faisait. Jusqu’à aujourd’hui, je cuisine toujours beaucoup pendant les fêtes, surtout des spécialités malgaches comme les samossas (viandes hachées enroulées en triangle dans une pâte fine). Elle disait toujours de cuisiner un peu plus, car on ne sait pas qui pourrait venir et fêter -Noël avec nous… Donc, je fais pareil à chaque Noël et bizarrement, il y a toujours quelqu’un d’imprévu qui est là avec nous et on l’accueille avec hospitalité », a-t-elle raconté.

Aujourd’hui en Beauce, elle précise que le Noël ici a également une « petite touche américaine » qu’elle apprécie particulièrement.

« Je suis une grande fan de Maman, j’ai raté l’avion. Je fais partie de cette génération-là, donc ça me fait retomber un peu dans cette ambiance-là. Aussi, je trouve qu’il y a énormément de gestes de générosité de la part des Québécois et des organismes communautaires pour faire l’effort d’offrir des cadeaux à tous les enfants, et je trouve ça touchant. Enfin, ce qui m’a beaucoup marqué la première année ici, c’est la façon dont les gens jouent le jeu avec les décorations de Noël. Je dois avouer que je n’ai jamais vu autant de décorations dans d’autres pays. C’est vraiment féerique et ça nous met directement dans l’ambiance de Noël », a-t-elle poursuivi.

Ainsi, il va sans dire que son réveillon aura de multiples inspirations ! « Aujourd’hui, nous fêtons -Noël en intégrant toutes les cultures que nous avons et surtout, en intégrant également la culture québécoise dans notre fête, comme le fait d’intégrer la dinde et de faire plein de décorations pour faire plaisir aux enfants. Ils ont pas mal de cadeaux offerts par un peu tout le monde et je mets toujours mes samossas au menu pour que les enfants s’en souviennent à leur tour quand ils seront plus grands. »