Bellechasse et la Nouvelle-Angleterre sous un même toit
HISTOIRE. Plus de 120 personnes ont assisté, le samedi 11 juillet dernier à la Maison de la culture de Bellechasse, à une représentation théâtrale de Filles d’Honorius et Wilfrid, laboratoire de création scénique et mémorielle initiée par Valérie Bilodeau, originaire de Saint-Lazare, et sa cousine américaine Abby Paige, native de la Nouvelle-Angleterre.
Pendant tout un week-end, Bellechasse est devenue un lieu de rencontre entre deux peuples qui partagent les mêmes racines, des Franco-Américains du Vermont, du Maine et d’ailleurs en Nouvelle-Angleterre ayant traversé la frontière pour assister à cette présentation publique.
Arrivés le vendredi dans la région, ces visiteurs ainsi que les descendants des ancêtres Bilodeau et toutes les personnes intéressées par le projet ont eu droit à une série d’activités le samedi, découvrant notamment le Musée des Sœurs en avant-midi, une série de conférences étant prévues en après-midi.
La journée s’est conclue par la prestation scénique des deux cousines, suivie d’une période d’échanges avec le public et d’un jam de musique où Acadiens, Québécois et Franco-Américains ont partagé les chansons de leurs racines.
Soulignons que la création scénique offerte par Valérie Bilodeau et Abby Paige était le fruit d’une année de création pour laquelle les deux cousines ont reçu une bourse du Conseil des arts et des lettres du Québec.
Celle-ci leur a permis de créer, ensemble, une œuvre inspirée de leur histoire familiale, principalement celle de leurs arrière-grands-pères respectifs, Honorius et Wilfrid, qui avaient quitté Saint-Lazare, au début du 20e siècle, pour trouver du travail aux États-Unis.
Honorius est revenu à la maison par la suite, son frère ayant décidé de rester au Vermont pour y vivre et y élever sa famille.
« Au fil de nos recherches, nous avons compris que nous ne racontions pas seulement l’histoire de deux hommes, mais celle des familles qu’ils avaient laissées derrière eux, des femmes qui avaient transmis la mémoire, des chansons qui avaient traversé les générations et de tous ceux qui avaient gardé vivantes les racines franco-américaines », de dire Valérie Bilodeau.
La résidence artistique des deux cousines s’est tenue autant dans Bellechasse et le Vermont, celles-ci profitant notamment d’un accompagnement de plusieurs mois offert par le conteur de Michel Faubert.
Présent lors l’activité du 11 juillet, ce dernier a animé la période d’échanges suivant la représentation, les échanges lors de cette soirée permettant assurément de bonifier leur œuvre, de mentionner Valérie Bilodeau.
« Les nombreux Franco-Américains présents ont raconté leurs histoires familiales, leurs souvenirs, leurs propres liens avec le Québec. Des Bellechassois ont fait de même. Ces témoignages, ces émotions et ces rencontres nourriront directement la poursuite de notre création », précise-t-elle en ajoutant que ces échanges ont ouvert de nouvelles pistes de cette création qu’elles entendent éventuellement présenter de l’autre côté de la frontière.
« Depuis le début, nous souhaitons que ce projet dépasse la simple représentation théâtrale. Notre rêve était de créer une véritable rencontre entre Bellechasse et la Nouvelle-Angleterre et c’est ce que nous avons réussi à faire. On souhaite que de telles rencontres aient lieu sur une base annuelle », de dire Valérie Bilodeau.
