L’histoire du pont de Québec présentée à Saint-Zacharie

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Par Sébastien Roy
L’histoire du pont de Québec présentée à Saint-Zacharie
Le conférencier Michel L'Hébreux a présenté l'histoire du pont de Québec à Saint-Zacharie. (Photo : (Photo L'Éclaireur Progrès - Sébastien Roy))

HISTOIRE. Saint-Zacharie a accueilli le conférencier Michel L’Hébreux qui a présenté en détail la construction du pont de Québec, le plus long pont cantilever au monde, le 9 octobre en après-midi.

Celui qui fait partie des membres fondateurs du Comité pour la sauvegarde et la mise en valeur du pont de Québec a notamment raconté les conditions difficiles des travailleurs au tout début du XXe siècle. « C’était encore plus dur pour ceux qui se trouvaient dans les caissons, car on utilisait la pression d’air pour empêcher l’eau d’entrer. On ne connaissait pas encore les risques associés à la décompression rapide. Des témoignages parlent de travailleurs qui saignaient des yeux et des oreilles. Certains en sont même décédés », a-t-il mentionné.

Il a aussi détaillé comment la structure s’est effondrée une première fois le 29 août 1907, faisant 76 morts. Des problèmes d’alignement des pièces du pont avaient été constatés. « En fait, les pièces crochissaient, car le pont était 33 % plus lourd qu’anticipé », a souligné M. L’Hébreux.

Ce n’est que le 28 août que l’ingénieur chargé du projet, Theodore Cooper, constate la gravité de la situation. De son bureau de New York, il émet un télégramme ordonnant de ne plus ajouter de poids sur la structure, mais le message n’a été lu que le 29 en après-midi. « Entre-temps, les travailleurs avaient arrêté de travailler le 28 août, car ils avaient peur, mais les contremaîtres les avaient convaincus de reprendre le chantier le lendemain. Lorsque le message a été transmis, il était trop tard. Le pont s’est écroulé le 29 août 1907 à 17 h 37 », a-t-il indiqué.

La construction du pont de Québec reprend en 1913. L’ouvrage est confié par le gouvernement fédéral à la St Lawrence Bridge Company qui a corrigé les erreurs de conception menant à l’effondrement. On décide alors d’élargir le pont et de construire la partie centrale à Sillery. Celle-ci sera ensuite emmenée en bateau et soulevée pour être fixée aux parties nord et sud. On prévoit utiliser près du double de la quantité d’acier prévue lors du premier chantier.

C’est le 11 septembre 1916 que commence la levée de la travée centrale. « Selon les témoignages, environ 100 000 personnes s’étaient rendues sur place pour y assister. On y retrouvait également de nombreux dignitaires et des ingénieurs, car il s’agissait de la première opération du genre au monde », a soutenu M. L’Hébreux. Des crics hydrauliques ont été installés aux quatre coins de la travée, mais un défaut dans l’une des pièces a causé un effondrement. Treize personnes ont perdu la vie.

L’entreprise responsable du chantier s’est engagée à reconstruire la travée en l’espace d’un an. Elle a tenu sa promesse et le 20 novembre 1917, elle a été fixée aux deux extrémités de l’infrastructure.

À cette époque, le pont n’était conçu que pour le transport ferroviaire. On pouvait même voir le fleuve puisque le tablier n’était pas plein. Il est devenu accessible aux voitures à partir de 1929.

Après en avoir fait l’historique, M. L’Hébreux a déploré que le pont de Québec soit victime d’un manque d’entretien alors qu’il devrait être considéré comme une attraction et une carte de visite pour Québec.

Un lien avec Saint-Zacharie

Le comité organisateur de l’événement a choisi ce sujet notamment parce qu’il existe un lien entre le pont de Québec et Saint-Zacharie.

En effet, David Falardeau possédait un commerce à l’endroit où se trouve aujourd’hui l’aquarium de Québec. M. Falardeau ne voulait pas vendre son terrain et a été exproprié malgré tout. Il a reçu environ 4200 $ selon M. L’Hébreux, mais ses recours devant les tribunaux l’ont ruiné. Il a donc acheté cinq lots à Saint-Zacharie sous le nom de sa femme. Aujourd’hui, le lac Falardeau porte son nom.

Jean-Roch Morin, qui fait partie du comité, et d’autres citoyens souhaitent fonder une société historique à Saint-Zacharie. Celle-ci pourrait organiser davantage de conférences à l’avenir. Pour le moment, il lui faut encore trouver un local.

La conférence a été possible grâce à l’Entente de développement culturel de la MRC Les Etchemins.

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