D’autres jeunes Bellechassois victimes d’arnaqueurs sur internet

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Par Eric Gourde
D’autres jeunes Bellechassois victimes d’arnaqueurs sur internet
François et David ont eux aussi eu à composer avec une jeune dont le but était de leur soutirer de l'argent.

INTERNET. La médiatisation du décès de Maxime Forgues, 19 ans de Saint-Vallier, victime d’extorsion par le biais d’Internet en mai dernier, a suscité différentes réactions chez les personnes mises au fait de la situation. Elle a entre autres interpellé deux jeunes hommes de la région, victimes d’un stratagème semblable sur Facebook.

L’histoire de François de Sainte-Claire et David de Saint-Damien (noms fictifs) est toute récente. Ayant reçu une demande d’amitié sur Facebook de la part d’une jeune fille, François décide d’engager la conversation avec elle. Emporté par le charme de la demoiselle, il joue le jeu de la séduction qu’elle avait démarré et, malgré quelques doutes sur la personne, en vient à se dénuder devant son écran d’ordinateur. Il est trop tard, les menaces fusent.

L’épisode de François a duré environ un mois, incluant une pause de deux semaines. « Je lui disais des conneries, ce qui a fait en sorte que ça a cessé pendant environ deux semaines, mais elle est revenue à la charge. Je lui disais qu’elle n’était pas vraie et c’est là qu’elle m’a invité sur Skype et j’ai pu la voir. Si je lui demandais des trucs, elle me répondait pour de vrai, ce n’était pas une image en boucle. »

Le jeune homme de 18 ans avoue avoir eu des doutes au fur et à mesure que la conversation se déroulait dans le temps. « Je trouvais ça bizarre qu’elle s’accroche alors qu’à un moment donné, on se moquait carrément d’elle, mais elle insistait et demeurait gentille. Généralement, une personne qui se fait insulter n’est pas intéressée à aller plus loin. » La conversation s’est poursuivie pendant quelques jours et a finalement basculé vers des allusions à la sexualité. « Là encore, j’avais des doutes puisque lorsqu’elle se montrait les parties génitales, l’image devenait brouillée. »

Une fois dans le collimateur de la jeune dame, François a reçu les premières menaces. « D’après l’article 25 de la loi 765465, tu pourrais être condamné à 25 ans de prison et 75 000 $ d’amende, aimerais-tu qu’on arrive jusque-là? Moi, je vais te pourrir la vie. Si tu ne fais pas ce que je demande, tu vas retrouver ta vie dans une poubelle », a-t-elle lancé.

La demoiselle a par la suite demandé à François combien d’argent il avait en sa possession. « Je lui ai dit que je n’en avais pas pour elle, que je n’en avais même pas pour moi. Quand elle est devenue plus menaçante, c’est là que j’ai tout arrêté. Moi, je ne pensais vraiment pas que ça pouvait arriver des histoires de même. Demander de l’argent et menacer le monde sur Internet. »

Dure leçon

 

François nous a fait lire une partie de sa conversation avec elle. La supposée jeune femme était visiblement la plus volubile des deux et son orthographe laissait transparaitre qu’elle n’est probablement pas Québécoise.

David lui a parlé environ une heure dans le but de la piéger, question de rendre service à son ami. « Elle a dit venir de Bromont ou Drummondville, je ne m’en souviens plus. Elle est pourtant inscrite comme résidente de Lévis sur son compte Facebook. On voulait l’amener sur Skype pour pouvoir prendre des photos et avoir quelques preuves au besoin. On a réussi. Elle a dit "OK, je me suis fait avoir, on va arranger ça". C’est là qu’elle a mis des choses sur mon mur Facebook, dont la vidéo d’un garçon qui se masturbe et dont on ne voit pas le visage. Elle disait que c’était moi. »

Les deux jeunes hommes n’avaient pas encore porté plainte aux autorités lors de notre rencontre et espéraient surtout ne plus avoir de nouvelles de la jeune dame. « On l’a bloqué, mais elle nous retrouve avec d’autres noms et sur d’autres réseaux sociaux. »

François avoue avoir eu peur à un moment donné. « Ma mère et mes amis sont maintenant au courant. Quand ça m’est arrivé, j’ai dit à ma mère que je pensais avoir fait une gaffe. Je ne comprenais pas, on était deux personnes majeures et elle me parlait de loi et de prison. »

Les deux jeunes hommes ont visiblement appris de cet épisode et espèrent que leur témoignage incitera les autres à être prudents. « Quand j’ai vu que ça avait amené quelqu’un à s’enlever la vie, j’ai dit "woh!" Et c’est là que j’ai décidé d’en parler. N’acceptez personne que vous ne connaissez pas et, surtout, n’en dites pas trop sur vous-mêmes », conclut François.

 

Qu’est-ce que la « sextorsion » ?

 

Un internaute rencontre une jeune et jolie femme par le biais des sites de rencontre, Badoo, Facebook et autres. Elle vous invite alors à poursuivre la conversation dans l’intimité, devant des webcams sur des plates-formes comme Skype. Les échanges virtuels s’orientent rapidement vers le sexe. La jeune femme commence alors à se dénuder ou entreprend de se caresser en vous encourageant à en faire autant.

Après quelques minutes, surprise! La jeune femme vous apprend que vous venez d’être filmé à votre insu. Elle vous exige de lui verser de l’argent via des entreprises de transfert de fonds comme Western Union ou Moneygram, faute de quoi on menace de partager la vidéo compromettante sur des sites comme YouTube, de même qu’à vos contacts de divers réseaux sociaux comme Facebook.

Quelques conseils

 

Dénoncez la fraude à PhoneBusters et à votre corps de police.

Ne divulguez aucune information personnelle à moins d’être bien certain de savoir à qui vous avez affaire.

Ne jamais se dévêtir devant un écran d’ordinateur ou autre.

Ne jamais envoyer d’argent.

Pensez que vous n’êtes pas seul sur le web, vous ne parlez jamais à une seule personne.

Méfiez-vous de toute information reçue par courriel.

Si l’offre semble trop belle pour être vraie, dites-vous que c’est sûrement le cas!

Soyez prudent, car de faux sites Internet de banques et d’entreprises de sécurité sont créés pour rendre crédibles les pratiques frauduleuses.

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