Famille décimée à Saint-Luc: vitesse et boisson en cause
Le père de famille qui a perdu la maîtrise de son véhicule et ainsi causé la mort de quatre personnes, dont trois enfants, le samedi 2 août dernier à Saint-Luc, roulait visiblement à une vitesse excessive et était ivre au volant, indique le rapport du coroner Donald Nicole, publié vendredi.
Guillaume Maheux-Morin, 29 ans de Saint-Odilon, était au volant du véhicule et circulait sur le rang Sainte-Sabine (communément appelé le P’tit-Nord) en fin d’après-midi, lorsqu’il en a perdu le contrôle. À bord du véhicule, on retrouvait aussi son fils Jack-Ély Gilbert-Morin, 3 ans, sa fille Myla-Rose Gilbert-Morin, 4 ans, et son beau-fils Gabriel Bolduc, 9 ans, qui étaient tous les trois assis sur la banquette arrière et attachés, au moment de l’accident.
Le véhicule a alors dérapé, quitté la route et violemment frappé un arbre. Sous la force de l’impact, tous les occupants ont été incarcérés.
La vitesse est l’un des éléments ayant fait surface lors des expertises effectuées après l’accident. Dans un premier temps, l’analyse des données du module de contrôle des dispositifs de sécurité du véhicule a démontré que ce dernier circulait à une vitesse de 137 km/h quelques secondes avant l’accident, qu’il n’y avait aucune trace de freinage et que le véhicule circulait toujours à une vitesse de 94 km/h au moment de l’impact.
L’inspection mécanique du véhicule a aussi mis en évidence une usure excessive des pneus du côté passager. Selon les observations, les conditions météorologiques, la visibilité, la signalisation et l’infrastructure routière n’étaient pas en cause dans l’accident.
Les analyses toxicologiques pratiquées ont aussi démontré un taux d’alcoolémie élevé chez le conducteur, soit 190 mg/dl, plus de deux fois la limite maximale permise qui est de 80 ml/dl. Aucune autre substance n’a été détectée.
L’enquête du coroner fait aussi état que M. Maheux-Morin avait quitté son domicile avec les trois enfants une trentaine de minutes avant l’accident, qu’il s’était arrêté dans un commerce peu après pour y acheter de l’alcool et qu’il vivait, à cette période, des problèmes familiaux. Il n’avait toutefois exprimé aucun propos, ni manifesté aucun geste laissant croire qu’il était en détresse psychologique.
On y précise que la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) était au dossier et avait mis en place un plan d’intervention visant à protéger les enfants décédés dans l’accident en août 2025. En juillet 2025, le plan d’intervention avait été révisé et prolongé de six mois.
La DPJ avait d’ailleurs effectué une visite surprise au domicile des enfants le jour de l’accident et avait constaté que les ententes, en lien avec le plan d’intervention et les ordonnances judiciaires, étaient respectées. M. Maheux-Morin étant sous l’effet de l’alcool et seul avec les enfants sont toutefois des éléments qui contrevenaient à des ordonnances judiciaires, explique-t-on dans le rapport.
En résumé, l’ensemble des éléments recueillis démontre que M. Maheux-Morin et les trois enfants sont décédés lors de la collision résultant d’une perte de contrôle causée par les effets combinés de son état d’ébriété avancé, d’une vitesse excessive et d’une adhérence réduite par la chaussée en gravier et des pneus usés sur le véhicule. Il s’agit de décès accidentels, conclut le coroner Nicole.
