Des municipalités prudentes envers « leurs lacs »

PLEIN AIR. Le sujet d’accès public aux lacs reste un enjeu sensible sur le plan politique. Malgré un large appel auprès de municipalités et MRC en Beauce-Bellechasse-Etchemins, le journal essuyait des refus commentés ou aucun accusé de réception dans la plupart des cas.

Quelques intervenants ont toutefois accepté de partager leurs impressions. Jonathan Bolduc, maire de Saint-Victor, critique partiellement les déclarations de la Fondation Rivières tout en prônant l’accès public à l’eau.

« Il faut éviter de penser en silo. On doit faire face à des obligations environnementales et garder une bonne entente avec les propriétaires riverains. C’est ce qu’on fait au lac Fortin, qui appartient à tous les Victorois », affirme M. Bolduc.

La plage, propriété de la Municipalité, est accessible gratuitement pour la baignade et la navigation non motorisée. « Des embarcations, déjà présentes pour éviter toute contamination, sont fournies sans frais par la Municipalité. Pour les propriétaires riverains, une station de lavage, au garage municipal, est en opération depuis 2024. C’est important de garder un accès public, mais on ne veut pas un free-for-all », indique Jonathan Bolduc.

Dans la municipalité voisine de Saint-Alfred, le lac Sartigan se trouve enclavé par des propriétés privées. Le lac Volet est aussi inaccessible au grand public.

« Je m’en fais souvent parler par des résidents du village. C’est une question sensible [accès public à l’eau]. On comprend les craintes des riverains », dit la mairesse Marie-Josée Therrien, admettant que les suggestions légales de la Fondation Rivières amènent des pistes de solution.

Immenses superficies

Le lac des Abénaquis à Sainte-Aurélie possède des accès via sa plage publique, son quai municipal et celui de l’ACPLA (association de chasse et pêche). Des frais sont exigés pour laver des embarcations motorisées et non motorisées, mais pas sur l’accès à l’eau. L’Association des riverains du lac des Abénaquis (ARLA) travaille d’arrache-pied, avec succès, pour contrôler la population de myriophylle à épis.

« Les riverains sont conscients que les lacs sont publics. […] Le conseil municipal a déjà mentionné qu’il veut conserver les accès existants au lac des Abénaquis. Il y a déjà eu des discussions pour un accès au lac Joli, mais pour l’instant, il n’y a aucun projet concret », explique Stéphane Hétu, directeur général à la municipalité de Sainte-Aurélie.

Plus à l’est, Lac-Etchemin attire des milliers de visiteurs avec son lac du même nom. L’Éco-Parc des Etchemins, organisme à but non lucratif, et le Club nautique de Lac-Etchemin, propriété de la Municipalité, représentent les endroits où citoyens et visiteurs accèdent au cours d’eau moyennant des frais.

« On protège notre lac des contaminants. Les riverains ne veulent pas que leurs propriétés perdent de la valeur. En même temps, nos heures d’ouverture sont assez larges pour les visiteurs », souligne Jude Émond, directeur des loisirs, de la culture et de la vie communautaire à la Municipalité de Lac-Etchemin.

Récemment, la Municipalité barrait l’accès du lac Caribou aux véhicules motorisés. Il est interdit de s’y baigner ou de naviguer sur tout type d’embarcation. Cette étendue d’eau, sur les terres de la Couronne, n’inclut aucune habitation.