Une saison de motoneige qui prend son envol

MOTONEIGE. Si la pause du conflit impliquant les associations de propriétaires de boisés en Côte-du-Sud a permis d’ouvrir davantage de sentiers dans la région, les deux importantes chutes de neige de la dernière semaine seront possiblement celles qui auront sécurisé la chose et permettront même de faire durer le plaisir plus longtemps.

Président du club de motoneige Bellechasse, Gilles Lacroix est de cet avis et ajoute même que certains sentiers étaient difficilement praticables en raison du manque de neige. « Dans le secteur de Berthier-sur-Mer, nous grattions de la gravelle et on parle de la Trans-Québec, rien de moins. Les deux tempêtes que l’on vient de voir viennent régler tout ça. On vient de sécuriser des sentiers. »

Déjà, la pause du conflit avait permis de ramener des clients dans certains commerces et services de proximité, rappelle-t-il. « Les gens du Parc des Chutes à Armagh l’ont remarqué tout de suite. Les gens ont pu changer leurs habitudes pour voyager. Il y a des principes incontournables dans notre région. Les gens de la ville viennent ici et les motoneigistes aiment faire des boucles pour éviter de revenir sur leurs pas. »

Normand Racine, responsable de la page « Les Trippeux de motoneige » qui compte plus de 100 000 membres, estime que les deux récentes chutes de neige pourraient permettre aux amateurs de prolonger leur saison jusqu’à la fin du mois d’avril, surtout dans le secteur du Massif du Sud. « Je suis venu dans le passé dans le coin et nous y faisions de la motoneige à la fin avril, il y a deux ans, et il y avait encore de la neige. Avec ce que l’on a reçu, c’est presque certain », résume-t-il.

Un nouveau souffle

Propriétaire de l’Épicerie Mercier à Saint-Luc, Isabelle Mercier explique qu’elle avait hâte, il y a quelques semaines, que la saison puisse prendre véritablement son envol, surtout que le commerce est un service important pour les motoneigistes en raison de sa localisation.

« On souhaitait être prêts, alors nous avions fait le plein d’essence et de divers produits. Les incertitudes du conflit nous avaient déjà causé certains soucis, puisque l’achalandage était moindre que ce à quoi on s’attendait. On peut dire que depuis un mois, les choses vont bien », résume-t-elle.

Jacob Hudon (Jack), propriétaire de la Ferme Mille Fleurs à Saint-Lazare, estime avoir une bonne saison, malgré les événements des derniers mois. Il a cependant observé que les motoneigistes ont dû improviser une bonne partie de l’hiver. « Le conflit a affecté les motoneigistes dans leur planification. Ils devaient prévoir leurs déplacements. Dès la fin du conflit, ils ont pu revenir à ce qu’ils faisaient avant, soit des randonnées sans avoir à reprendre les mêmes sentiers. »

Il craint toutefois que la neige des derniers jours ne fonde rapidement. « Il n’a pas plu comme c’est souvent le cas, alors il n’y a pas véritablement de fond à certains endroits, ce qui fait qu’elle risque de fondre rapidement. Ça va faire du bien, mais peut-être pas allonger notre saison. »

Premier vice-président de la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec et résident de Saint-Vallier, Bruno Aubé voit lui aussi une saison qui pourrait se prolonger de quelques semaines. « Les deux bordées que l’on a eues vont redonner un élan à la saison, surtout près du fleuve où des endroits étaient problématiques. On va gagner des jours et peut-être des semaines à l’autre bout. Ce ne sera pas parfait partout, mais à des endroits comme au Massif, ce sera le cas. »

Il espère néanmoins que les gens auront réalisé, au cours de l’hiver, que toute l’industrie repose sur les droits de passages accordés par les propriétaires et le travail des bénévoles. « C’est une chose que les gens devront réaliser, les motoneigistes comme les commerces qui en bénéficient. Sans ces deux choses-là, il n’y en a pas de retombées liées à la motoneige. »

Pour Gilles Lacroix, la motoneige fera partie du paysage hivernal de la région encore quelques années, changements climatiques ou non. « On a tous entendu des histoires de nos parents ou grands-parents que dans les années 40 ou 50, qu’il arrivait que les gens se promenaient en soulier en janvier. Il y a moins de grosses bordées qu’avant, peut-être, mais de la neige, on en aura encore », résume-t-il.