Les travailleurs étrangers: une valeur ajoutée, estiment les entreprises de Bellechasse

Les travailleurs étrangers: une valeur ajoutée, estiment les entreprises de Bellechasse

Les responsables des ressources humaines de plusieurs entreprises de Bellechasse ont tenu à faire une sortie commune pour illustrer leurs difficultés à recruter.

Crédit photo : La Voix du Sud - Éric Gourde

MAIN-D’OEUVRE. Le Regroupement des responsables en ressources humaines (RH) de différentes entreprises de la MRC de Bellechasse déplore le ton de la campagne électorale actuelle, particulièrement la façon dont est abordée le dossier main-d’œuvre versus immigration.

Lors d’une rencontre à Saint-Anselme, les responsables ont souhaité remettre de l’avant le besoin urgent de recruter et insisté que ce soit allégé le processus d’immigration pour l’accueil des travailleurs étrangers temporaires. «Cette réalité est non seulement devenue un frein au développement de nos entreprises, mais aussi une menace à la délocalisation d’entreprises de notre région. L’apport de ces travailleurs est important pour assurer notre développement, mais on néglige aussi le fait qu’ils assurent une stabilité et constituent une force pour notre économie. Ce n’est malheureusement pas ce que nous entendons ces temps-ci», a indiqué la porte-parole du regroupement, Marie-Pier Cloutier de l’entreprise Frontmatec à Saint-Anselme.

Plusieurs mettent déjà de l’avant beaucoup d’actions dans leurs initiatives de recrutement. «On fait de la promotion dans les écoles, on se présente à des salons ou des foires de l’emploi régulièrement, on offre des primes de référence à nos employés déjà à l’interne, sauf que tout cela n’est plus suffisant. Le taux de chômage est à 2,6 % en Chaudière-Appalaches et c’est le plus bas au Québec.»

Néanmoins, toutes ces idées ne comblent pas tous les besoins. «Parmi nous, des entreprises recrutent à l’extérieur pour pouvoir produire à l’extérieur pour arriver à répondre à une certaine demande. On va chercher des solutions dans d’autres régions et même d’autres pays. L’immigration est une solution inévitable. Il faut maintenir et même accroitre le recrutement de travailleurs étrangers pour assurer le maintien et la croissance de nos organisations et rester compétitifs sur les marchés», ajoute Mme Cloutier.

Elle estime de 6 à 8 mois les délais pour qu’un travailleur étranger puisse commencer à travailler au sein d’une entreprise. «Si on se déplace, on fait une première sélection des travailleurs déjà qualifiés, c’est le délai du moment où on fait une proposition. Il en coûte aussi près de 5 000 $ pour un seul travailleur.»

Ibrahima du Sénégal, Massinissa et Toufik de l’Algérie, Félix de la Chine et Capucine de France sont à l’emploi de la firme Frontmatech de Saint-Anselme.

Besoins criants

Selon des informations communiquées par une quinzaine d’entreprises du Regroupement RH Bellechasse, ce n’est pas moins de 808 emplois qui devront être pourvus en 2019. Déjà plus de 400 travailleurs étrangers sont déjà à l’œuvre dans nos entreprises et 154 sont déjà en processus actuellement et cela ne comblera pas les besoins immédiats. «Le recrutement de travailleurs étrangers n’est pas la seule solution, mais, à court terme, c’est l’option que nous devons choisir si nous voulons maintenir la rentabilité de nos entreprises et, voire même, soutenir la croissance de celles-ci», a-t-elle insisté.

En plus de sensibiliser la population à cette nécessité de recruter de la main-d’œuvre étrangère, le Regroupement RH Bellechasse invite aussi les gouvernements fédéral, provincial et même municipal à collaborer afin de faciliter l’accueil de ces travailleurs.

Parmi leurs diverses demandes, on souhaite un allègement de la tâche des entreprises et réduire les délais et la complexité des démarches pour recevoir ces travailleurs. On suggère également une révision de la grille de sélection des immigrants économiques qui devrait tenir compte des besoins de main-d’œuvre et de la régionalisation de celle-ci», selon Mme Cloutier.

Enfin, le réseau en place pour permettre à ces personnes de s’intégrer connait de bons résultats estime Mme Cloutier. «Il y a généralement une certaine loyauté qui se développe. La rétention est aussi bonne pour les travailleurs étrangers que pour n’importe laquelle personne déjà dans la région. Ça nécessite de l’énergie, mais nous sommes bien appuyés par les organismes en place.»

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