Des élus américains expriment leur soutien à l’ACEUM, malgré les réticences de Trump
WASHINGTON — Des élus américains ont exprimé leur soutien à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) lors d’une audience sénatoriale jeudi, après que le président Donald Trump a évoqué la possibilité de mettre fin à cet accord commercial continental essentiel.
Le sénateur républicain Mike Crapo, de l’Idaho, a déclaré devant la commission des finances du Sénat que l’accord commercial a protégé des emplois américains, renforcé le secteur manufacturier et contribué à la croissance économique.
L’accord commercial doit faire l’objet d’un examen obligatoire cette année, mais M. Trump a indiqué qu’il n’était pas pressé de signer une prolongation. Le président a dit que l’ACEUM avait peut-être atteint son objectif et a qualifié l’accord commercial d’«obsolète».
L’équipe du président chargée du commerce a également exprimé des doutes quant à l’avenir de l’ACEUM. Le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, qui jouera un rôle clé dans les négociations à venir, a affirmé qu’il serait peut-être préférable pour les États-Unis de conclure des accords séparés avec le Canada et le Mexique.
Des élus démocrates et républicains ont tous deux soutenu l’accord commercial lors de l’audience au Sénat. M. Crapo a indiqué que certains aspects de l’ACEUM nécessitent des améliorations, mais que «cette relation trilatérale ne doit pas être considérée comme acquise».
L’ACEUM a été négocié sous la première administration Trump pour remplacer l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).
Il a constitué un test crucial pour Ottawa dans sa collaboration avec l’administration Trump durant son premier mandat. Malgré les menaces répétées de M. Trump de se retirer de l’accord, un accord finalement conclu a été salué par les trois pays.
L’accord commercial a également reçu un soutien bipartisan massif au Sénat américain (89 voix contre 10).
L’examen de l’ACEUM offre essentiellement trois options aux pays partenaires, qui devront faire leur choix en juillet. Ils peuvent renouveler l’accord pour 16 ans, s’en retirer ou signifier à la fois le non-renouvellement et le non-retrait, ce qui déclencherait un examen annuel susceptible de prolonger les négociations jusqu’à dix ans.
Les responsables canadiens se préparent à des négociations plus longues.
Les critiques répétées du président Trump à l’encontre du Canada pourraient indiquer les points de friction potentiels des discussions. Le système canadien de gestion de l’offre laitière est une cible majeure de sa colère: ce sujet a été évoqué à plusieurs reprises par les sénateurs lors de l’audience de jeudi.
Le sénateur démocrate Ron Wyden a déploré que le Canada n’ait «jamais respecté ses engagements d’accès au marché en vertu de la loi, privant ainsi nos exportations du marché canadien.»
Les parlementaires ont également mentionné d’autres points de friction commerciaux. Le sénateur républicain du Montana, Steve Daines, s’est dit reconnaissant envers les «partenaires du Nord et du Sud» des États-Unis.
Il a indiqué que le Canada est le principal partenaire commercial de son État, mais que M. Trump a raison de vouloir améliorer l’ACEUM.
«Cet examen conjoint est l’occasion de s’attaquer à des problèmes comme la discrimination à l’égard des exportations d’électricité du Montana vers l’Alberta, les réglementations inadéquates en matière de commerce numérique et le renforcement des règles d’origine afin que les avantages de l’ACEUM ne profitent qu’aux pays membres», a soutenu M. Daines lors de l’audience.
L’accord commercial a protégé le Canada et le Mexique des pires répercussions des droits de douane imposés par M. Trump. Le président a augmenté les droits de douane sur les produits canadiens à 35 % en août dernier, mais ces droits ne s’appliquent pas aux marchandises conformes à l’ACEUM.
Les droits de douane distincts imposés par le président en vertu de l’article 232 sur l’acier, l’aluminium, les automobiles, le bois d’œuvre ainsi que les armoires et les meubles frappent durement les industries canadiennes.
La sénatrice démocrate Catherine Cortez Masto a déclaré lors de l’audience que l’adoption de l’ACEUM comprenait une lettre signée par M. Trump stipulant que les États-Unis excluraient la plupart des véhicules et des pièces automobiles des futurs droits de douane de l’article 232.
D’autres parlementaires ont expliqué comment M. Trump sape l’accord, citant ses menaces incohérentes d’imposer des droits de douane et de déréglementer les aéronefs de fabrication canadienne et sa récente publication sur les médias sociaux annonçant le report de l’ouverture du pont Gordie-Howe qui reliera l’Ontario au Michigan.
Kevin Brady, ancien élu républicain et consultant principal auprès de la Chambre des représentants des États-Unis, a fait valoir lors de l’audience qu’il estimait que M. Trump attachait toujours de l’importance à cet accord.
«Son approche a toujours été ferme et intransigeante dans ce type d’accords, a affirmé M. Brady. Mais cela ne devrait pas empêcher ces trois pays de le renforcer, de le préserver et de le prolonger.»
