Le Canada fournit 23,6 millions de barils de pétrole pour le plan de l’AIE

OTTAWA — Le Canada s’est engagé à fournir 23,6 millions de barils de pétrole dans le cadre d’un plan plus large de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) visant à stabiliser les marchés énergétiques, alors que la guerre au Moyen-Orient continue de paralyser les livraisons de pétrole en provenance du golfe Persique.

L’annonce faite vendredi soir intervient deux jours après que le ministre des Ressources naturelles, Tim Hodgson, a déclaré que le Canada «ferait sa part» pour faire baisser le prix du pétrole à l’échelle mondiale.

L’AIE a annoncé plus tôt cette semaine qu’elle mettrait 400 millions de barils de pétrole à la disposition du marché mondial. Il s’agit de la plus importante libération de pétrole de l’histoire de l’agence établie à Paris, soit plus du double des près de 183 millions de barils débloqués après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 — un record à l’époque.

L’AIE compte 32 membres, dont le Canada. Ses réserves ont été constituées en 1974 après l’embargo pétrolier arabe, et les pays membres détiennent actuellement plus de 1,2 milliard de barils de stocks publics d’urgence, auxquels s’ajoutent 600 millions de barils de stocks industriels détenus en vertu d’obligations gouvernementales.

«Le Canada remplit ses responsabilités au sein de l’AIE grâce à son rôle de grand producteur et exportateur de pétrole à l’échelle mondiale. Nous sommes le quatrième fournisseur de pétrole en importance au monde, et le premier au sein de l’AIE», a déclaré M. Hodgson dans un communiqué.

L’AIE stipule que les pays membres doivent constituer des réserves de pétrole suffisantes pour couvrir 90 jours d’importations nettes. Or, le Canada est un exportateur net — il envoie la grande majorité de sa production aux États-Unis et une partie en Asie via l’oléoduc Trans Mountain — et n’est donc pas soumis à cette règle.

Le Canada est le seul pays du G7 à ne pas détenir de réserve stratégique de pétrole, même si les acteurs de l’industrie en mettent de côté pour les situations d’urgence.

Les États-Unis prévoient de prélever 172 millions de barils de leur réserve stratégique de pétrole sur une période de 120 jours dans le cadre des efforts de l’AIE. L’Allemagne, l’Autriche et le Japon ont également indiqué qu’ils puiseraient dans leurs réserves.

Le gouvernement fédéral n’a pas précisé la façon dont ces barils supplémentaires seront acheminés vers les marchés mondiaux. Il a été précisé qu’il s’agirait de pétrole «produit par notre industrie et (fournit) en coordination avec les gouvernements fédéral et provinciaux».

Plus tôt cette semaine, M. Hodgson a indiqué que l’approvisionnement pourrait être libéré en demandant aux producteurs de reporter les arrêts saisonniers pour maintenance.

L’oléoduc Trans Mountain, qui dessert la région de Vancouver, fonctionne à environ 90 % de sa capacité. En théorie, il y a donc une marge de manœuvre pour acheminer davantage de pétrole brut vers le Pacifique, en vue de son exportation vers l’Asie par pétrolier.

Les cours mondiaux du pétrole brut ont connu une forte volatilité depuis que les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l’Iran il y a près de deux semaines. Le conflit a depuis impliqué plusieurs autres pays de la région.

L’Iran est situé au nord du détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique vitale entre les pays producteurs de pétrole du Golfe et l’océan Pacifique.

Habituellement, environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole — soit 20 millions de barils par jour — transite par ce détroit. Cependant, le trafic a quasiment disparu en raison de la crainte d’attaques iraniennes.

Les prix du pétrole brut ont atteint des niveaux jamais vus depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie il y a quatre ans, frôlant les 120 $ US le baril cette semaine. Le contrat d’avril pour le pétrole brut West Texas Intermediate (WTI) s’établissait à 98,71 $ US le baril vendredi, en hausse de 2,98 $ US — soit environ 47 % de plus qu’avant le début du conflit.

Le ministre a indiqué que les exportations de gaz naturel du Canada augmenteront également au cours des prochains mois, sans toutefois fournir plus de précisions.

Le premier terminal d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) du pays, LNG Canada, situé à Kitimat en Colombie-Britannique, a été mis en service l’été dernier.

— Avec des informations de Lauren Krugel à Calgary.