Le nom de Normand Labelle gravé sur une pierre tombale portant le logo des Hells

MONTRÉAL — Le nom d’un ancien membre des Hells Angels figure désormais sur une pierre tombale ornée du logo du gang de motards dans un cimetière de la Rive-Sud de Montréal.

Jeudi, un employé a gravé le nom de Normand Labelle «Billy» sur la pierre tombale à Saint-Basile-le-Grand, ainsi que les dates 1955-2025.

Cette pierre tombale a provoqué l’embarras au sein du diocèse catholique romain local lorsqu’elle a fait les manchettes en début de semaine. On peut y lire «Hells Angels South», encadrant le logo du gang, une tête de mort ailée.

Le diocèse de Saint-Jean-Longueuil s’est dit «scandalisé» mardi par cette pierre tombale, qui, selon lui, n’aurait jamais dû être approuvée. Le diocèse a promis que le logo et le texte seraient retirés.

La pierre tombale elle-même restera toutefois dans le cimetière, où elle porte désormais le nom d’un ancien membre des Hells Angels.

Une décision de la Cour supérieure du Québec de 2014 atteste que Normand Labelle était membre fondateur de la section montréalaise des Hells Angels depuis 1977.

Il l’a quittée pour fonder la section de la Rive-Sud en 1997.

En avril 2009, Labelle a été arrêté dans le cadre d’une importante enquête policière, connue sous le nom d’opération SharQc, visant à démanteler les Hells Angels au Québec. Au total, 156 personnes liées au gang de motards ont été mises en accusation.

L’opération faisait suite à un violent conflit territorial impliquant les Hells Angels, qui s’est déroulé entre 1994 et 2002 et qui a fait plus de 160 morts.

Labelle a été inculpé de 29 chefs d’accusation, dont plusieurs pour meurtre au premier degré, trafic de stupéfiants et complot en vue de commettre un meurtre. Cependant, une décision de la Cour supérieure du Québec de 2014 a conclu à l’absence de preuves directes l’impliquant dans le meurtre.

D’après les médias de l’époque, Labelle faisait partie d’un groupe d’hommes arrêtés lors de l’opération SharQc et qui ont plaidé coupable en 2015 de complot en vue de commettre un meurtre.

Labelle, alors âgé de 59 ans, a été condamné à neuf mois de prison supplémentaires, en plus de sa peine déjà purgée, selon la Gazette de Montréal.

Un porte-parole du diocèse a déclaré vendredi n’avoir aucune information concernant la nouvelle inscription sur la pierre tombale.

«Je n’ai aucune nouvelle de la situation actuelle, si ce n’est que les avocats du diocèse travaillent sur ce dossier», a indiqué Michel Boutot dans un courriel.

Le diocèse n’a pas précisé quand le logo sera retiré.