Le NPD souhaite que Carney annule le contrat d’achat d’avions de combat américains

OTTAWA — Le Nouveau Parti démocratique (NPD) souhaite que le premier ministre Mark Carney annule les contrats portant sur les avions de combat F-35 fabriqués aux États-Unis, y compris les 16 appareils que le Canada s’est déjà engagé à acheter.

Citant l’appel lancé par M. Carney aux puissances moyennes pour qu’elles travaillent ensemble dans son discours prononcé le mois dernier au Forum économique mondial, le chef intérimaire du NPD, Don Davies, affirme que le Canada devrait plutôt acheter des avions de combat Gripen à la société suédoise Saab.

«L’achat de F-35 aux États-Unis renforcera notre intégration militaire avec une superpuissance au lieu de la réduire», a lancé M. Davies lors d’une conférence de presse tenue mercredi sur la colline du Parlement.

«En tant qu’entreprise suédoise et partenaire fiable de l’OTAN, Saab offre au Canada une source stable et prévisible de coopération en matière de défense entre deux puissances moyennes, répondant ainsi aux objectifs énoncés par M. Carney», a-t-il ajouté.

La déclaration du NPD intervient quelques jours seulement après que le président américain Donald Trump a menacé de retirer la certification des avions Bombardier et d’imposer des droits de douane de 50 % sur les avions canadiens si le Canada ne certifiait pas un certain nombre d’avions Gulfstream.

La porte-parole du NPD en matière de défense, Lori Idlout, a soulevé la question à la Chambre des communes mercredi et a rappelé les menaces répétées de Donald Trump contre la souveraineté du Canada et du Groenland.

«Le premier ministre a promis de réduire la dépendance du Canada envers l’armée américaine. Tiendra-t-il parole ou son discours de Davos n’aura-t-il aucune valeur?», a-t-elle demandé.

Le ministre de la Défense, David McGuinty, a répondu que les décisions d’acquisition sont examinées en tenant compte des intérêts supérieurs des Canadiens et des besoins des Forces armées.

«Nous sommes déterminés à acquérir ce dont l’Aviation royale canadienne a besoin, tout en assurant des retombées économiques pour les Canadiens. Et c’est exactement ce que nous ferons», a assuré M. McGuinty.

Bien que le Canada ait lancé l’année dernière un examen des contrats relatifs aux F-35, aucune décision n’a encore été prise quant à l’avenir de la flotte d’avions de chasse de l’Aviation royale canadienne (ARC).

M. Davies estime que le Canada ne peut pas «rester à la merci des caprices» de M. Trump ou de tout autre futur président qui pourrait refuser de fournir des pièces détachées pour les F-35 au Canada en raison de désaccords politiques.

«Il ne s’agit pas d’une simple crainte. Donald Trump a fait le coup à l’Ukraine. Il a menacé de retenir, et a retenu, des pièces pour le radar des avions de chasse F-16, laissant l’armée de l’air ukrainienne dans une situation désespérée», a-t-il souligné.

La commandante de l’ARC, la lieutenante-générale Jamie Speiser-Blanchet, a déclaré à La Presse Canadienne qu’elle souhaitait que ses pilotes apprennent à utiliser des F-35 à compter de l’année prochaine.

La semaine dernière, elle a dit devant un comité de la Chambre des communes que le F-35 est le seul avion capable de contrer les menaces posées par des pays comme la Russie et la Chine.

De leur côté, les conservateurs ont exhorté le gouvernement à aller de l’avant avec le contrat des F-35.

L’un des principaux arguments en faveur de l’achat de F-35 pour la flotte canadienne est qu’ils sont similaires, dans leur fonctionnement, aux F-18 vieillissants qu’ils sont censés remplacer.

— Avec des informations de Kyle Duggan