L’important poste d’ombudsman des victimes demeure vacant depuis neuf mois

La Presse Canadienne
L’important poste d’ombudsman des victimes demeure vacant depuis neuf mois

OTTAWA — Le gouvernement fédéral n’a toujours pas nommé d’ombudsman des victimes d’actes criminels, plus de neuf mois après le départ de la précédente personne en charge du bureau.

Personne ne dirige le Bureau de l’ombudsman fédéral des victimes d’actes criminels depuis le 1er octobre dernier et le ministère de la Justice n’a déclenché le processus d’appel de candidatures que depuis la fin février.

Pour le sénateur conservateur et militant de longue date pour les droits des victimes, Pierre-Hugues Boisvenu, il s’agit d’un poste «essentiel» et il a récemment dénoncé le très long délai dans le processus de nomination. De plus, il estime que l’ombudsman devrait être transformé en un poste de fonctionnaire du Parlement plus indépendant. 

En juin, le sénateur Boisvenu s’est adressé à un comité de la Chambre des communes pour souligner que l’ombudsman aurait pu représenter une voix forte en faveur des familles des victimes dans le cadre de l’enquête publique sur la tuerie de 2020 en Nouvelle-Écosse.

«Aucun ombudsman ne transmet actuellement la colère des familles des victimes et ne dénonce les violations de leurs droits», a-t-il déclaré.

Lors de la même audience, Jennifer Gold de la Women’s Law Association of Ontario a demandé qu’un ombudsman soit trouvé «rapidement».

Mme Gold a affirmé que le bureau devrait être élargi pour assurer une surveillance plus complète de l’application de la Charte des droits des victimes de 2015, qui visait à définir et à renforcer les droits disponibles pour les victimes au sein du système de justice pénale.

«C’est agréable d’écrire toutes ces choses merveilleuses, mais si ce n’est pas vu en action et si ce n’est pas vécu par les victimes, ce n’est que de la rhétorique», a-t-elle mentionné. 

La dernière personne à avoir occupé le poste, Heidi Illingworth, a été très critique envers le gouvernement en déclarant notamment que l’application de la Charte canadienne des droits des victimes, adoptée en 2015, se fait de manière «sporadique et irrégulière».

Dans une déclaration cinglante l’été dernier, Mme Illingworth a dit qu’il n’y avait eu aucun effort significatif pour informer les victimes de leurs droits ou pour rendre le système responsable de ses échecs, faisant finalement du projet de loi «un instrument symbolique».

Mme Illingworth a été nommée en 2018 après une longue vacance de 11 mois.

Le bureau a été créé en 2007 avec pour mandat de soutenir et de défendre les victimes, notamment en faisant des recommandations au gouvernement fédéral.

Une personne responsable des communications au sein de l’équipe du ministre de la Justice David Lametti a répondu que les démarches devant mener au remplacement de Mme Illingworth sont en cours et que la nomination sera annoncée «en temps et lieu». Elle a souligné que le bureau de l’ombudsman continue de traiter les plaintes des victimes et de les aider à trouver des services. 

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