Pierre Poilievre affirme vouloir sauver l’industrie automobile au Canada

WINDSOR — Le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre, a dévoilé dimanche son plan pour le secteur automobile canadien visant à garantir un accès en franchise de droits au marché américain.

De passage à Windsor, en Ontario, M. Poilievre a dit croire que le président américain Donald Trump approuverait ce plan, car celui-ci permettrait d’augmenter la production dans les deux pays.

«J’ai un plan qui profiterait à la fois aux Américains et aux Canadiens si nous parvenons à un accord sans droits de douane et à un ratio production-ventes de un pour un», a-t-il soutenu.

M. Poilievre a ajouté que ce plan ferait passer la production américaine de 11 millions à 13 millions de véhicules. «En d’autres termes, ce plan leur permettrait de gagner de nouvelles parts de marché et d’augmenter leur production, ce qui correspond exactement à l’objectif politique déclaré de l’administration américaine», a-t-il souligné.

Le plan conservateur mettrait en place une règle selon laquelle, pour chaque voiture produite au Canada, le même constructeur pourrait vendre au Canada, en franchise de droits, une voiture fabriquée aux États-Unis ou au Mexique.

Ce plan harmoniserait les réductions des émissions à l’échappement avec celles des États-Unis et alignerait le Canada sur les États-Unis en matière de droits de douane sur les produits chinois, dans le but de donner au Canada un moyen de pression dans les négociations commerciales.

M. Poilievre mettrait également en place une règle selon laquelle, pour chaque voiture produite au Canada, le même constructeur pourrait vendre au Canada une voiture fabriquée aux États-Unis ou au Mexique en franchise de droits.

En janvier, le premier ministre Mark Carney et le président chinois Xi Jinping ont signé un accord qui autorisera l’entrée de véhicules électriques chinois au Canada à un taux de droits de douane de 6,1 %. Le Canada s’était joint aux États-Unis pour imposer des droits de douane de 100 % sur les véhicules électriques chinois en 2024, invoquant des accusations de subventions déloyales et de dumping de véhicules sur le marché nord-américain.

Donald Trump et son administration ont imposé des droits de douane à l’industrie automobile, affirmant vouloir contraindre les constructeurs automobiles à délocaliser leur production aux États-Unis.

Depuis avril 2025, les véhicules sont soumis à un droit de douane de 25 % des deux côtés de la frontière. Les droits de douane sur les véhicules canadiens s’appliquent uniquement aux pièces non américaines.

M. Poilievre a fait valoir dimanche que le Canada n’avait pas d’autre choix que de viser le marché automobile américain.

«Les Américains achètent 90% des automobiles fabriquées au Canada, et nous achetons la quasi-totalité du reste, ce qui signifie qu’il n’y a pratiquement pas d’exportations de voitures canadiennes à l’étranger aujourd’hui, et cela ne peut pas changer du jour au lendemain», a-t-il argumenté.

Ce plan conservateur vise également à porter la production automobile canadienne à deux millions de véhicules au cours de la prochaine décennie, contre 1,2 million l’année dernière.

M. Poilievre avait déclaré vendredi avoir consulté les syndicats du secteur et qu’ils appuieraient son plan. Un porte-parole d’Unifor a refusé de commenter dimanche.

Ce plan automobile supprimerait également la TPS sur les véhicules fabriqués au Canada, mettrait fin aux subventions du gouvernement libéral pour les véhicules électriques et interdirait les véhicules utilisant des logiciels liés à la Chine ou à la Russie.

Les documents d’information ne précisaient pas comment cela serait mis en œuvre.

Avec des informations de Sarah Ritchie