Plan d’action pour les aînés: Québec veut personnaliser les soins et les services

Jocelyne Richer, La Presse Canadienne
Plan d’action pour les aînés: Québec veut personnaliser les soins et les services

QUÉBEC — Les personnes âgées qui habitent en CHSLD et autres milieux de vie doivent obtenir des services et des soins davantage personnalisés, selon la ministre Marguerite Blais, qui a présenté jeudi un plan d’action destiné à améliorer la qualité de vie des aînés hébergés à long terme.

Sorte de testament politique de la ministre responsable des Aînés, qui mettra fin à sa carrière politique au terme du présent mandat, le plan d’action quinquennal fait suite à la politique d’hébergement qu’elle avait déposée l’an dernier.

En conférence de presse, elle a dit que son action politique visait à prendre la défense du «peuple invisible», toutes ces personnes âgées en perte d’autonomie trop souvent laissées à elles-mêmes. «Je veux que ce peuple devienne visible», a dit Mme Blais.

Chaque année, le Protecteur du citoyen relate de multiples cas de négligence et de laxisme dans les soins prodigués dans ces établissements d’hébergement pour aînés.

Déposé en toute fin de mandat, il sera cependant difficile de mesurer l’impact du plan à court terme. L’avenir dira s’il s’agit de voeux pieux ou de mesures entraînant des résultats concrets et des changements dans l’offre de services et de soins. 

Les établissements n’auront pas d’obligation de résultats et ne s’exposent pas à des pénalités s’ils ne se conforment pas aux principes et aux objectifs du plan annoncé. «On va commencer par parler de choses positives», a dit Mme Blais, lorsqu’elle a été questionnée sur ce point.

Elle dit vouloir implanter une nouvelle culture, axée sur une continuité entre la vie passée et celle vécue en résidence. Par exemple, Québec veut faire en sorte que les aînés hébergés à long terme puissent décider eux-mêmes à quelle heure du jour ils désirent recevoir des soins d’hygiène et à quelle heure ils veulent prendre leurs repas. On dit vouloir améliorer «l’expérience repas». Ces dernières années, les médias ont souvent documenté la piètre qualité des plats servis dans ce genre d’établissements. 

Pour que la vie en résidence ressemble à la vie d’avant, la ministre a dit vouloir, par exemple, qu’une pianiste puisse apporter son piano au CHSLD et un peintre ses pinceaux et chevalet.

Le plan d’action 2021-2026, rendu public en conférence de presse, contient 25 mesures totalisant 2,9 milliards $. Ces établissements doivent composer avec une importante pénurie de main-d’oeuvre, l’essentiel des sommes passera donc en embauche de personnel, qu’on pense à des préposés aux bénéficiaires, mais aussi à des infirmières et infirmières auxiliaires, pharmaciens, dentistes, chargés de projets et gestionnaires. On parle de quelques milliers de personnes additionnelles, mais la ministre n’était pas en mesure jeudi d’estimer les besoins et de fixer un nombre précis d’embauches dans les prochaines années. 

Il s’appliquera à différents milieux de vie: les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), les ressources intermédiaires, les maisons des aînés et les maisons alternatives, mais pas les résidences privées.  

On visera également à offrir davantage de soins sur place, de manière à diminuer le nombre de transferts vers les hôpitaux.

Tout centre d’hébergement devra donc ainsi, en principe, mieux s’adapter à chaque aîné dont il a la charge, «en continuité avec son histoire et son expérience de vie, ses valeurs, ses préférences, ses besoins, sa culture et sa langue». On devra également tenir compte de l’orientation sexuelle des résidants et de leur identité de genre. 

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