Un homme déclaré non criminellement responsable d’un triple meurtre à Montréal

MONTRÉAL — Un homme de Montréal qui a poignardé ses parents et sa grand-mère à 212 reprises au total a été reconnu non criminellement responsable de leurs meurtres.

Arthur Galarneau, 22 ans, est resté impassible devant la Cour supérieure du Québec alors que la juge Annie Émond a donné raison à la proposition conjointe du ministère public et de la défense qui avait été présentée lors d’un procès en décembre.

Des psychiatres avaient recommandé que Galarneau ne soit pas reconnu criminellement responsable, affirmant qu’il souffrait de schizophrénie au moment des meurtres et qu’il présentait des délires, des hallucinations et des symptômes psychotiques qui l’empêchaient de distinguer le bien du mal.

«Ce que ce verdict signifie, c’est que l’état mental de M. Galarneau était perturbé à un point tel qu’il était privé de la capacité de décider rationnellement si le fait de tuer les membres de sa famille était moralement mauvais ou qu’il saisissait la nature et la qualité de ses gestes», a déclaré la juge Émond au palais de justice de Montréal.

«Ainsi, il ne peut être tenu responsable d’avoir causé la mort de ces trois personnes», a-t-elle poursuivi.

Galarneau était accusé du meurtre à l’arme blanche, en mars 2023, de sa mère, Mylène Gingras, âgée de 53 ans, de son père, Richard Galarneau, également âgé de 53 ans, et de sa grand-mère, Francine Gingras-Boucher, âgée de 75 ans. Les trois ont été poignardés à 212 reprises dans la maison familiale.

«Mon fils veut me tuer»

Avant de rendre sa décision, la juge Émond a lu les faits de l’affaire devant le tribunal.

Le jour des meurtres, la mère de Galarneau a appelé le 911 vers 9 h du matin depuis un appartement situé dans l’arrondissement Rosemont-La-Petite-Patrie à Montréal, demandant une ambulance et criant «mon fils veut me tuer» avant que la ligne ne soit coupée.

La police de Montréal a déterminé que l’appel provenait d’un duplex de la rue Bélanger, une adresse qu’elle connaissait pour avoir déjà reçu des signalements liés à des problèmes de santé mentale. À leur arrivée, les agents ont pu voir à travers une fenêtre que quelqu’un était en train d’être poignardé et qu’il y avait beaucoup de sang sur le plancher; ils ont enfoncé la porte et ont ordonné à Arthur Galarneau d’arrêter.

Couvert de sang, l’accusé a dit aux agents «c’est bon, c’est bon, j’ai fini», mais n’a pas obéi à l’ordre de s’allonger au sol. La police lui a alors pulvérisé du gaz poivré alors qu’il crachait et essayait de mordre les agents. Il a crié le nom de sa mère, a parlé du diable, des démons et de Satan, et a dit à la police de le tuer.

Les parents de Galarneau avaient tenté d’aider leur fils avant les coups de couteau mortels, ayant avancé la date d’un rendez-vous psychiatrique en raison de l’aggravation de son état. Avant les agressions, il avait entendu ses parents chuchoter et pensait qu’ils complotaient pour le faire hospitaliser, ce qui était une grande crainte de la part de l’accusé.

Les parents de l’accusé s’étaient séparés lorsqu’il avait cinq ans, mais avaient maintenu de bonnes relations; son père était récemment revenu vivre dans le duplex de la mère pour aider leur fils, dont les symptômes de schizophrénie s’étaient progressivement aggravés.

Les problèmes de santé mentale de Galarneau sont apparus pour la première fois en 2020, à l’âge de 16 ans, à la suite de délires au sujet d’un parasite. Il a finalement été diagnostiqué schizophrène et son état mental a fluctué en fonction de son adhésion au traitement médicamenteux.

L’accusé critique le système de santé

Bien qu’il soit toujours malade et ait besoin d’un traitement, Galarneau a montré une certaine compréhension de son état, a déclaré la juge. Lors d’une rencontre en 2025 avec le psychiatre de la Couronne, Gilles Chamberland, Galarneau a vivement critiqué le système de santé, affirmant qu’il n’avait pas fourni l’intervention nécessaire pour empêcher la tragédie.

La juge a cité un passage du rapport de M. Chamberland dans lequel l’accusé avait fait remarquer que si le système avait insisté pour prendre en charge son cas, ses parents seraient encore en vie. Il avait reconnu qu’il n’aurait pas consenti à être traité, mais avait déclaré que le système accordait «trop d’espace» aux personnes souffrant de psychose.

«L’homme dit de plus que ses parents savaient qu’il était malade et qu’il faisait leur possible pour lui obtenir des soins», a déclaré la juge Émond, citant le rapport de M. Chamberland.

«Il ajoute que ses parents ne savaient plus quoi faire.»

La Couronne a indiqué son intention de faire déclarer Galarneau délinquant à haut risque, ce qui imposerait une détention stricte dans un établissement psychiatrique sécurisé, des intervalles plus longs entre les examens de santé mentale et la supervision par la Cour supérieure de tout changement apporté à son plan de détention.

La juge Émond a ordonné une évaluation psychiatrique de Galarneau dans le cadre de la demande pour qu’il soit considéré comme délinquant à haut risque. L’affaire sera de nouveau entendue par le tribunal le 23 février.

Les avocats de Galarneau ont indiqué qu’ils contesteraient la désignation de délinquant à haut risque.