Forêt de Cranbourne: les nouveaux propriétaires se dévoilent

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Par Serge Lamontagne
Forêt de Cranbourne: les nouveaux propriétaires se dévoilent
Alain Roy et Daniel Vachon ont acquis les terres d’Hydro-Québec, communément appelées Forêt de Cranbourne, situées à l’ouest du Mont-Orignal et qui s’étendent jusqu’à Saint-Léon et Saint-Odilon. (Photo : La Voix du Sud – Serge Lamontagne)

NATURE. Les terres à bois connues sous l’appellation de Forêt de Cranbourne, qui pendant longtemps ont été la propriété d’Hydro Québec, ont été acquises par deux hommes d’affaires de la région, Alain Roy et Daniel Vachon, en mars dernier.

Si l’identité des acheteurs n’a pas été dévoilée au départ, ces derniers ont accepté, au cours des derniers jours, de discuter de cette transaction ainsi que de l’avenir de ce territoire de 2 800 âcres qui a appartenu à la Shawinigan Power pendant 30 ans, avant de devenir la propriété d’Hydro Québec au début des années 60.

C’est par le biais de leur entreprise Appalaches Immobilier, qui possédait déjà 22 lots à bois ainsi qu’une érablière, qu’Alain Roy et Daniel Vachon ont acquis cette forêt vierge qui s’étend sur les localités de Saint-Léon, Saint-Odilon et Lac-Etchemin, à proximité du Mont-Orignal. Des sentiers de raquette et de ski de fond en lien, avec la station de ski, avaient été aménagés sur une partie de ces terres au cours des dernières années et ils souhaitaient leur préservation, sans écarter la possibilité d’en ajouter dans le futur.

«Ce qu’on voulait d’abord et avant tout, c’est que ça reste la propriété de personnes de la région», soulignent MM. Roy et Vachon.

Maintenir les locations

Alain Roy et Daniel Vachon mentionnent qu’Hydro-Québec avait établi certains partenariats qu’ils entendaient maintenir ou renouveler dans un proche avenir. C’est le cas notamment avec la Municipalité de Saint-Odilon qui disposait d’un accès à la rivière à l’extrémité du rang 3, permettant au public d’y pêcher ou faire du canot.

«On va leur laisser le droit d’accès à la rivière et un nouveau protocole d’entente est en voie d’être finalisé. On va mettre des pancartes disant aux gens ce qu’il est permis de faire et ce qui ne l’est pas», indique M. Roy qui ajoute que la municipalité n’aura pas à payer pour cet accès, contrairement à l’ancienne entente avec Hydro-Québec.

Un accès à la rivière est offert aux gens de Saint-Odilon à l’extrémité du rang 3.

«Cette entente sera renouvelable annuellement et en échange de cette gratuité, la municipalité aura pour mandat d’assurer le bon état des lieux ainsi qu’une surveillance plus étroite des allées et venues, afin d’éviter tout débordement», poursuit-il.

Du côté du Mont-Orignal, le bail pour la location des terres servant à l’aménagement de sentiers de ski de fond et de raquette se terminera le 31 octobre et ils entendent se rasseoir rapidement avec la direction de la station de ski pour la renouveler.

«Nous sommes impliqués énormément dans le Mont-Orignal et il est important pour nous de maintenir ces droits, car il est impossible pour la station de ski de déménager ces activités ailleurs. On veut mettre en place une entente qui sera bonne pour tout le monde et qui permettra de protéger la station à l’avenir.»

D’autre part, Hydro-Québec avait loué une partie des terres à un producteur agricole de Saint-Odilon qui y faisait pousser du foin depuis des années. Là encore, ils entendent renouveler l’entente. «Ce bail se termine à la fin septembre et on va également renégocier avec lui, car il a mis beaucoup d’efforts et d’argent dans l’aménagement de ce lopin de terre. C’est comme si ça lui appartenait et on veut qu’il continue à l’exploiter.»

Bannir la chasse

Une décision importante prise par les nouveaux propriétaires est toutefois d’écarter, à partir de maintenant, l’utilisation de ces terres par les chasseurs qui selon eux, avaient investi les terres publiques par le passé, sans demander la permission à Hydro-Québec.

«Pour les gens, surtout les chasseurs, ces terres n’appartenaient à personne et ils se sont approprié les lieux. On a fait une première tournée et on a trouvé 19 caches jusqu’ici. Sur l’ensemble de nos 50 lots à bois, aucun chasseur n’est admis. À l’automne, on veut en profiter et continuer à s’y promener en toute sécurité», précisent MM. Roy et Vachon qui ajoutent que les propriétaires des caches découvertes ont été avisés de la situation et qu’ils avaient jusqu’au 14 juin dernier pour les démanteler.

«Après 90 ans, c’est normal que les gens soient déçus de perdre leur accès. Les gens sont désappointés, mais ils sont très respectueux dans l’ensemble», indique M. Roy qui ajoute que lui et son partenaire entendent être très stricts à ce niveau.

Plus de 10 km de rivière sinueuse s’offrent aux adeptes de canot et de petites embarcations.

Travaux forestiers

Alain Roy souligne par ailleurs que certains travaux forestiers seront réalisés sur ces terres au cours des prochains mois. Ils entendent procéder à la réfection d’anciens chemins forestiers qui avaient été aménagés il y a 30 ans par le groupement forestier qui avait obtenu un contrat de coupe de bois à cette époque.

«Il faudra faire certaines coupes sélectives afin de récolter le bois qui est à maturité. On ne fera pas de coupes abusives comme d’autres le font, c’est contre nos principes. Tous nos lots à bois sont aménagés et on va faire cela selon les règles de l’art», précise-t-il.

Biodiversité

Alain Roy et Daniel Vachon sont au fait de la richesse de leur nouvelle propriété en matière de biodiversité. «Le conseil de bassin de la rivière Etchemin nous a contactés au début du mois de juin, car ils voulaient procéder à une étude de deux jours sur la biodiversité du site. On leur a donné notre accord et un rapport sera déposé en juillet. Si c’est riche en biodiversité pour la région, on veut le savoir, car on voudra protéger la faune et la flore du secteur à long terme», indique M. Roy qui ajoute que 40 % de leur nouveau territoire est composé de marécages.

«La beauté de cette acquisition, c’est que ce sont des terres vierges et on ne voit pas cela beaucoup ailleurs dans la région. C’est comme un poumon pour la région. Si jamais un organisme comme Canards Illimités nous approchait pour discuter de la préservation des marécages comme cela se fait avec la Grande Plée Bleue à Pintendre, nous serions ouverts à l’idée.»

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Suzieq
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Suzieq

J’ai bien hâte de voir si ces promesses seront tenues.

Serge Boutin
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Serge Boutin

Suzieq, ils feront ce qu’ils voudront, ils sont chez eux….

Bzz
Invité
Bzz

Et pourquoi pas, ils ne doivent rien à personne ? De toute façon, ce sont leurs terrains maintenant !