Deux fusions en deux ans : défi relevé par l’OMH Beauce-Etchemins

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Par Serge Lamontagne
Deux fusions en deux ans : défi relevé par l’OMH Beauce-Etchemins
Bianka Lessard est la directrice générale de l’OMH Beauce-Etchemins. (Photo : gracieuseté)

HABITATION. Deux fusions en deux ans, sans oublier l’arrivée de la pandémie. Les choses se sont bousculées pour les dirigeants et le personnel de l’Office municipal d’habitation (OMH) Beauce-Etchemins qui ont vécu une panoplie de bouleversements et d’ajustements au cours de cette période.

Directrice générale de l’organisation depuis janvier 2019, Bianka Lessard reconnaît que les choses n’ont pas toujours été faciles, notamment en raison du processus de fusion qui a été assez rapide.

« En 2018, on en entendu parler du premier regroupement en décembre et tout s’est fait vite, avec les entrevues et mon embauche. J’entrais en fonction le 8 janvier 2019 et je n’avais ni bureau, ni ordinateur, ni local. Rien n’était informatisé, on est partis de zéro », indique celle qui s’est d’abord installée dans les locaux des Résidences et centre communautaires des Etchemins, à Lac-Etchemin.

La deuxième fusion s’est concrétisée en janvier 2020 avec l’ajout des HLM de Saint-Odilon et Saint-Joseph, dans la MRC Robert-Cliche. Le nouveau regroupement est devenu l’OMH Beauce-Etchemins, ayant son siège social à Sainte-Justine et un bureau satellite à Saint-Joseph.

« En principe, et je l’ai dit souvent à la SHQ, ils auraient dû préparer le terrain pour un tel regroupement au moins un an à l’avance. C’était un peu le bordel, ce genre de regroupement, au départ. Il y avait des directeurs à temps très partiel dans chacun des OMH avant et plus on avançait, plus la main-d’œuvre était rare », poursuit-elle en ajoutant que les directeurs d’HLM étaient des retraités qui travaillaient à temps partiel.

« Les locataires ont trouvé la fusion difficile lors de la première année, surtout ceux qui avaient l’habitude de voir le directeur de l’édifice qui était régulièrement dans la salle communautaire et pouvait parler régulièrement aux résidents. Avec 226 portes à gérer dans un territoire de 80 km carrés, c’est devenu impossible », ajoute-t-elle.

Pour le moment, il n’y a que deux personnes, incluant elle-même, pour assumer l’ensemble des tâches administratives, la gestion des locataires et des bâtiments. « On a aussi un responsable des immeubles du côté de Robert-Cliche et nous tentons de pourvoir un poste similaire dans Les Etchemins. On essaie de trouver de la relève, car ce sont des gens âgés là aussi. »

Les concierges qui voulaient rester sont toujours en place. Certains demeurent dans les blocs, d’autres non, mais certains d’entre eux ont plus qu’une municipalité sous leur responsabilité. Les contrats de peinture, de plomberie ou d’électricité sont donnés à l’externe, l’organisme faisant appel à des fournisseurs locaux. Il en va de même pour l’entretien des pelouses, notamment.

Rentabilité pas au rendez-vous

Bianka Lessard reconnait que les Offices municipaux d’habitation, que ce soit celui de Beauce-Etchemins ou les autres, ne seront jamais rentables du fait que les locataires ne paient qu’un loyer équivalent à 25 % de leur revenu.

« Quelqu’un qui est sur l’aide sociale et gagne 8 000 $ par année paie donc 25 % de cette somme. Si on a trois locataires qui paient 245 $ par mois pour un logement chauffé et éclairé, ça laisse un important manque à gagner. Il faut compter l’électricité, l’entretien, les taxes municipales et la gestion de tout cela », mentionne-t-elle en précisant que dans tous les cas, 90 pour cent du déficit est assumé par la SHQ et 10 pour cent par les municipalités.

L’organisme gère 226 portes, ce qui inclut les places issues du programme de soutien au loyer (PSL) que la SHQ avait consenties auparavant pour les logements des Résidences et centre communautaires des Etchemins, qui sont maintenant vides.

« On redistribue le financement associé au PSL pour aider les personnes à faible revenu vivant dans des logements privés, qu’il s’agisse de mères monoparentales ou autres. Ces personnes paient elles aussi un loyer équivalent à 25 % de leur revenu, comme si elles étaient en HLM, puis la SHQ remet la différence au propriétaire. Nous avons récupéré 14 places en PSL et il en reste 4 ou 5 à distribuer. »

La Villa Plaisance de Sainte-Justine est l’établissement ayant le plus de places vacantes pour le moment. D’importants travaux de rénovation seront menés à cet endroit au cours des prochains mois.

Problématique à Sainte-Justine

Si la plupart des édifices affichent complet ou presque, la situation est plus difficile du côté de la Villa Plaisance de Sainte-Justine où il y a sept loyers vacants sur 22. Bianka Lessard reconnaît que l’établissement a moins bonne réputation depuis deux ou trois ans, en raison de certains événements du passé. Des efforts sont menés, depuis son arrivée, pour remédier à la situation.

« On avait beaucoup de problèmes de santé mentale à Sainte-Justine. Nous avions des chicanes entre résidents ainsi qu’un cas de locataire pyromane en 2018, qui a nécessité huit interventions des pompiers. C’est là qu’on a commencé à travailler avec Éric Lamarche, agent de milieu chez Nouvel Essor, qui fait régulièrement des visites d’amitié et de la médiation dans certains cas. On a eu quelques cas de démence, mais avec le concours des familles, du CLSC et d’Éric Lamarche, on fait une évaluation en profondeur de la personne et quand on voit qu’elle n’est plus à sa place au HLM, on les relocalise dans un endroit mieux conçu pour elle. »

Mme Lessard est d’avis que la situation se replacera à cet endroit avec le temps, surtout que la population est vieillissante et qu’il y aura toujours des demandes pour ce type de logements. Elle ajoute que d’importants travaux d’entretien seront réalisés ou sont en voie de réalisation à cet endroit.

Elle ajoute que son organisation travaille actuellement à la mise en place d’un logement d’urgence à Sainte-Justine, avec l’aide de l’Essentiel des Etchemins, qui permettrait d’héberger pendant quelques semaines des personnes ou familles pouvant momentanément se retrouver à la rue, ce qui peut arriver 3 ou 4 fois par année en raison d’un sinistre, d’une séparation ou autres.

Une mentalité à changer

Bianka Lessard mentionne enfin que son organisation travaille en étroite collaboration avec plusieurs organismes comme Nouvel Essor, la Maison de la Famille, le Groupe d’entraide l’Éveil, L’Essentiel des Etchemins et le Centre de santé.

« On veut aussi enlever la mentalité de HLM, en rappelant que c’est un logement qui permet aux gens de mieux vivre. Quand tu paies 300 $ pour un logement chauffé et éclairé au lieu de 600 $, ça te donne 300 $ de plus pour manger et être plus à l’aise. »

Si la distance entre les différents HLM représente un désavantage, notamment au niveau de la gestion quotidienne, Mme Lessard croit que le regroupement présente plusieurs avantages, en fin de compte. « Quand une personne appelle pour avoir un logement dans un bâtiment donné et que celui-ci est plein, on peut lui offrir un logement ailleurs, si cela l’intéresse. »

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