Saint-Michel: une fiducie pour assurer l’avenir du presbytère

Eric Gourde 
redaction@lavoixdusud.com

Saint-Michel: une fiducie pour assurer l’avenir du presbytère
Le presbytère de Saint-Michel, toujours au cœur de réflexions. (Photo : Archives)

PATRIMOINE. L’avenir de l’ancien presbytère de Saint-Michel passera possiblement par la création d’une fiducie d’utilité sociale, estime le conseil municipal de la localité qui a adopté majoritairement une résolution en ce sens, lors de sa plus récente séance publique.

Le maire de la localité, Éric Tessier, explique que ce type d’outil est possiblement le meilleur véhicule pour le protéger. « Nous nous sommes inspirés du Monastère des Augustines de Québec, qui grâce à la mise sur pied de ce type de fiducie en 2009, a pu assurer la pérennité de l’édifice tout en permettant une reconversion. »

Pour lui, ce type de fiducie est méconnu, mais permet un meilleur financement de toutes les initiatives potentielles. « J’ai toujours dit qu’on ne se battait pas contre la valeur du patrimoine, mais quel est le meilleur véhicule pour le protéger. La fiducie sera indépendante de tout pouvoir politique ou groupe populaire quelconque. Si on croit que le presbytère doit être protégé, utilisons un instrument qui permettra, dans le futur, d’être à l’écart de certains courants d’un côté ou de l’autre. »

Autre volet important pour M. Tessier, la fiducie en question devra avoir une dénomination qui tiendra compte de sa localité, mais aussi du littoral de Bellechasse. « Le protéger a toujours été l’intention de tous les conseillers. On a tranché la poire en deux. Plutôt que de le vendre bêtement, même s’il est déjà protégé et que le ministère arrivera avec sa propre position. On lui donne une protection durable et l’instrument légal pour le faire. »

M. Tessier ajoute que l’acquisition du bâtiment par la municipalité n’avait jamais été remise en cause. « On accepte de respecter le contrat, qui aurait dû être revu, mais c’est un état de fait qu’on ne peut mettre sur le dos de tous les citoyens de Saint-Michel et ses payeurs de taxes. C’est beaucoup plus sous quelle forme qu’il y avait des questions, car il y aura des impacts au niveau financier. On ne connait pas le futur non plus. Est-ce que l’on sera une, deux ou quelques municipalités sur le littoral de Bellechasse, est autre chose à considérer. »

Investissement imposant

L’administration de Saint-Michel et son conseil municipal avait confié un mandat à une firme externe au cours des derniers mois afin de réaliser un audit des actifs de la municipalité. Celui-ci a démontré que les sommes exigées pour des rénovations de base à court terme au presbytère étaient évaluées à plus de 1 500 000 $, montant qui n’incluait pas d’imprévus ni de sommes supplémentaires nécessaires à la mise aux normes du bâtiment afin de lui donner une nouvelle vocation, précise le maire. 

« La municipalité doit répondre à des besoins. On devra mettre de l’énergie et investir dans nos rangs, l’usine d’eaux usées, continuer la recherche en eau potable, la protection du territoire agricole et du littoral et nos 247 propriétaires riverains, l’incendie et autres, dont les matières résiduelles. Saint-Michel est déjà fortement taxé, alors il faut faire attention à nos actifs. Actuellement, la municipalité n’a pas besoin de ce bâtiment. Inévitablement, c’est un lieu qui est important pour le centre du village de Saint-Michel, qui a une histoire et une valeur patrimoniale qui peut être discutable, selon certains, mais qui est indéniable », indique-t-il.

Quant aux finances de la municipalité, le maire Tessier estime que lui et son administration ont fait leur devoir au cours du dernier mandat. Avec un surplus financier avoisinant les 600 000 $, il écarte les critiques voulant que ses citoyens aient été trop taxés, justement. « La question a été posée au vérificateur. Nous avons eu un accroissement des revenus d’environ 200 000 $ qui sont liés aux différents programmes de la Covid et autres. S’ajoute une diminution des dépenses d’environ 300 000 $ due aux différents programmes de loisirs que l’on a pu donner et aux travaux d’infrastructures qui n’ont pu être réalisés. Le calcul est simple. À notre arrivée, la municipalité était déficitaire. Maintenant, on dégage des surplus qui seront affectés à des fonds dédiés et à un fonds de prévoyance comme toutes les communautés devraient avoir. »

En fonction depuis quatre ans, Éric Tessier n’a toujours pas annoncé ses intentions de briguer ou non un second mandat, chose qu’il devrait faire au cours des prochains jours.

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