Négociations en cours chez Kerry Sainte-Claire

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Par Serge Lamontagne
Négociations en cours chez Kerry Sainte-Claire
Les négociations sont en cours chez Kerry Sainte-Claire, en vue du renouvellement de la convention collective des employés d'usine. (Photo : La Voix du Sud - Archives)

TRAVAIL. Des négociations sont en cours depuis quelques mois en vue du renouvellement du contrat de travail des employés d’usine chez Kerry de Sainte-Claire, convention qui est échue depuis le 27 décembre 2020.

Amorcées en mars 2021 par visioconférence en raison de la COVID, ces négociations ont avancé de façon plus rapide et positive à compter de juin avec la tenue des premières en présentiel. Cela a eu pour résultat que toutes les clauses normatives sont réglées depuis octobre. Deux séances en lien les questions salariales ont eu lieu depuis le début du mois de novembre et une troisième rencontre est prévue pour demain (mercredi 24 novembre).

Si les deux parties d’entendent pour dire que les discussions ont été fructueuses en lien avec les aspects normatifs, la situation risque d’être plus compliquée en ce qui a trait aux questions salariales.

Porte-parole de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), qui représente les employés d’usine de Kerry, Christian Voyer souligne que les offres patronales sont loin de répondre aux demandes des employés et que celles-ci avaient eu pour effet de couper court aux discussions.

« Après deux rencontres, l’employeur nous a fait une offre qui est loin de nos demandes. Notre comité de négociations prendra le temps de bien étudier celle-ci, mais il est certain que nous ne la présenterons pas à nos membres, car elle sera assurément rejetée », déplore M. Voyer.

Ce dernier ajoute que le syndicat dispose d’un mandat de grève depuis le mois d’août, mais qu’il ne souhaite pas se rendre là pour le moment. « Nous allons prendre le temps nécessaire pour réfléchir à la suite des choses ainsi qu’aux moyens de pression à employer. La grève sera la solution de dernier recours », précise-t-il en ajoutant que le syndicat n’écartait pas la possibilité de demander, éventuellement, une implication du ministère du Travail dans le dossier.

« Quand on considère la pénurie de main-d’œuvre actuelle, on craint que des travailleurs expérimentés et très fidèles à l’entreprise, qui travaillent à cet endroit depuis de nombreuses années, puissent être tentés d’aller voir ailleurs », poursuit-il.

Offres réalistes selon l’entreprise

Directeur d’usine chez Kerry Sainte-Claire, Jimmy Chabot confirme que l’écart entre les demandes syndicales et les offres de l’entreprise est important. Il se dit heureux du travail effectué jusqu’ici et se dit sûr que les deux parties finiront par s’entendre.

« Nous venons d’entamer les discussions au niveau salarial. Lors de la première rencontre, le syndicat a déposé ses demandes et hier (lundi 22 novembre), nous avons déposé une première contre-offre. L’écart est grand, certes, mais Kerry est une entreprise qui se démarque en région et on souhaite demeurer le plus concurrentiel possible », indique M. Chabot qui rappelle que le salaire moyen des employés d’usine, chez Kerry, est de 29 $ l’heure et que les demandes syndicales comprendraient une augmentation salariale de 35 % sur cinq ans, ce qui est impensable selon lui.

« On souhaite demeurer compétitifs et nous avons basé notre contre-offre sur une vingtaine de renouvellements qui ont été effectués dernièrement au Québec, au niveau alimentaire. La compétition est très féroce dans le domaine de l’agroalimentaire depuis le début de la pandémie et le taux de change joue un peu contre nous ces temps-ci », indique-t-il.

« Lors de ma nomination en 2019, je voulais faire de Kerry une entreprise pérenne tout en créant de la stabilité pour nos employés. Nous avons des projets de développement qui sont en attente et leur réalisation est intimement reliée au dénouement de la négociation actuelle. Les demandes syndicales sont très loin de ce que l’on peut offrir et cela aura un impact direct sur nos coûts d’usine », poursuit-il en indiquant que le dénouement d’un dossier comme celui d’Exceldor servirait davantage de base de discussion.

« On souhaite demeurer concurrentiels tout en tenant compte de certains aspects comme la pénurie de main-d’œuvre ou l’augmentation du coût de la vie. Nous sommes sûrs que nous trouverons un terrain d’entente. »

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