Congrégation des sœurs NDPS: une page d’histoire officiellement tournée

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Par Serge Lamontagne
Congrégation des sœurs NDPS: une page d’histoire officiellement tournée
Soeur Madeleine Fillion à l'entrée du nouveau sièce social de la Congrégation des Soeurs Notre-Dame du Perpétuel-Secours, dorénavant situé dansl la Maison Généralice de Saint-Damien. (Photo : (Photo La Voix du Sud - Serge Lamontagne)

SAINT-DAMIEN. Après 130 années de présence à Saint-Damien et dans Bellechasse, une page importante de l’histoire de la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame du Perpétuel-Secours s’est écrite cette semaine alors qu’un dernier contingent de religieuses a officiellement quitté la région pour s’établir dans une nouvelle maison de retraite à Québec.

Annoncé il y a cinq ans, ce grand mouvement de personnel s’est déroulé de façon assidue au cours des deux dernières semaines (7 au 21 juin), après de nombreux retards causés notamment par la pandémie qui a retardé la construction de cette nouvelle résidence située à proximité de l’église Saint-Sacrement.

Supérieure générale de la congrégation depuis 2016, Sœur Madeleine Fillion reconnaît que ce grand déménagement qui se termine représente une page d’histoire à la fois importante et inédite pour son groupe.

« Dès ma nomination à l’automne 2016, on commençait à se demander ce qu’on allait faire, par où nous allions commencer. Nous avions fait appel à une personne-ressource afin de nous conseiller et de nous guider. Nous avons eu la chance d’avoir le soutien de M. Pierre Bouchard qui avait beaucoup d’expérience dans le domaine, qui avait aidé d’autres communautés religieuses par le passé et qui était disposé à nous aider », indique-t-elle en rappelant que le processus de réflexion s’est officiellement amorcé en novembre 2016 et que les religieuses ont été informées de la situation dès mars 2017.

« À ce moment, on leur a expliqué que le statu quo n’était plus possible, qu’il fallait envisager différentes options. Les sœurs auraient souhaité, et nous aussi, trouver quelqu’un qui aurait pris possession de la Maison mère et les auraient gardées jusqu’au décès de la dernière religieuse. M. Bouchard nous a mis en contact avec différents promoteurs, mais aucun n’était intéressé à cela pour différentes raisons, dont la taille de nos bâtiments. Cependant, la plupart étaient intéressés à construire (une maison de retraite), mais en ville. Alors nous avons dit à nos sœurs qu’elles devaient se préparer à partir. Elles souhaitaient rester sur la Rive-Sud, mais c’était impossible. À ce moment, elles étaient prêtes à déménager sur la Rive-Nord, à Québec, pourvu qu’elles restaient ensemble. C’était l’objectif principal dès le départ », poursuit-elle.

Le choix s’est donc arrêté sur le groupe Lokia et les négociations se sont mises en branle. « Il y a eu le choix du terrain puis le début des travaux qui ont subi plusieurs retards en raison de la pandémie, mais nous y sommes maintenant. Si, au départ, nos sœurs étaient heureuses de ce retard, à la fin elles étaient prêtes à déménager et n’auraient pas enduré de délais supplémentaires », ajoute Sœur Fillion qui a elle-même mis la main à la pâte et conduit plusieurs de ses protégées vers leur nouvelle résidence.

« Les travaux ne sont pas tout à fait terminés, mais elles sont heureuses dans leurs nouveaux appartements. »

La vie continue à Saint-Damien

Ce déménagement marque un tournant important de l’histoire des religieuses à Saint-Damien. Malgré tout, la grande patronne de la congrégation se réjouit que la vie se poursuive dans leurs bâtiments, que ce soit sur le site de la Maison mère ou au Domaine du Lac-Vert, où un important projet à caractère récréotouristique se prépare.

La congrégation garde malgré un pied à terre à Saint-Damien puisque son siège social demeurera dans la localité, soit dans les locaux de la Maison Généralice qui est maintenant la propriété de la Société historique de Bellechasse.

« Nous avons gardé une quinzaine de chambres à cet endroit et une douzaine d’entre nous continuera d’y vivre et d’y travailler. On n’a peut-être plus de propriétés ici, car on les a toutes cédées à la municipalité de Saint-Damien qui travaille avec différents partenaires comme la Société historique de Bellechasse, la Résidence d’accueil Bellechasse-Sud ou l’Oasis. Nous avons le CISSS qui loue des locaux chez nous depuis le printemps dernier et la Barre du Jour qui a déménagé son atelier de travail chez nous également. Nous sommes satisfaites de voir ce qui se passe dans nos maisons, que la vie continue et c’est quelque chose qui nous comble. »

Laisser un legs à la communauté

Si elle est consciente que tout ce processus de déménagement a causé beaucoup d’émotions au sein même de la congrégation et des religieuses elles-mêmes, Sœur Madeleine Fillion souligne que les membres du bureau de direction, dont elle fait partie, se sont toujours fait un devoir de tenir celles-ci informées de toutes les démarches, de les accompagner dans tout ce processus.

« Depuis cinq ans, on voulait que ce projet de relocalisation se fasse dans l’harmonie. Il fallait aussi voir à trouver une vocation à tous nos bâtiments. On a donc mené ces deux projets en parallèle. C’était un gros mandat. Organiser le départ de 120 personnes, c’était du stock. »

Sœur Madeleine ajoute qu’il était important, pour la congrégation, de laisser une trace dans la mémoire collective de Saint-Damien et de tout Bellechasse. « Au printemps 2017, quand c’est devenu officiel qu’on partait, le conseil municipal et la population ont été sonnés par l’annonce de notre départ, même nous on a été prises un peu de court, je dois avouer. On n’avait plus de temps devant nous et c’était difficile, dans ces circonstances, d’en accorder aux autres », précise-t-elle en ajoutant qu’autant elles que les membres du conseil municipal n’avaient qu’un objectif en tête, soit éviter à tout prix que la Maison mère ne devienne un établissement désaffecté au cœur du village.

« Ce que nous retenons aussi de ces 130 ans à Saint-Damien, c’est qu’on a touché un peu à tout. Au début, c’était plus l’enseignement et les soins aux personnes âgées. Quand les sœurs ont commencé à vieillir au Québec et qu’elles ont dû quitter le domaine de l’enseignement, c’est devenu une présence pastorale, mais ça aussi c’est allé en diminuant. Quand tu as un manque de relève, ce n’est pas suffisant d’avoir 2-3 relèves par année pour maintenir tout cela. Pour moi, c’est un cycle de vie normal. Dans les familles, les parents s’investissent dans leurs enfants qui finissent par quitter le nid familial. Nous sommes une grande famille spirituelle et ce que nous vivons fait partie d’un cycle de vie normal », conclut-elle.

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