Couverture ambulancière: un premier pas vers l’élimination des horaires de faction

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Par Serge Lamontagne
Couverture ambulancière: un premier pas vers l’élimination des horaires de faction
Directeur des services préhospitaliers et ambulanciers au CISSS de Chaudière-Appalaches, Richard Ouellet croit que la bonification des budgets ambulanciers annoncée par Québec représente un pas de géant vers l'élimination à grande échelle des horaires de faction dans la région et au Québec. (Photo : gracieuseté)

SANTÉ. Le gouvernement du Québec, par l’entremise du ministre de la Santé Christian Dubé, annonce le versement de 25,9 M$ pour la bonification de la couverture ambulancière dans 11 régions du Québec, ce qui aura un impact sur 46 horaires de faction.

S’ajouteront 3 M$ pour l’ajout de 17 000 heures par année de couverture supplémentaire dans les régions pour permettre des ajouts de ressources ponctuels.

La députée de Bellechasse, Stéphanie Lachance, a confirmé par voie de communiqué, le mardi 14 juin, qu’une somme de 249 697 $ sera octroyée au CISSS de Chaudière-Appalaches pour l’ajout, d’ici le 31 mars 2023, de 5 110 heures par année en mode horaire à la centrale ambulancière de Saint-Charles qui, jusqu’ici, fonctionne à raison de 10 heures par jour de couverture horaire et de 14 heures par jour d’horaire de faction.

De son côté, le député de Beauce-Nord, Luc Provençal, faisait de même et mentionnait, lui aussi par voie de communiqué le vendredi 17 juin, qu’une somme supplémentaire de 1 162 498 M$ serait consentie pour la bonification des ressources ambulancières dans le secteur Beauce-Nord. Cela devrait se traduire par l’ajout de 17 520 heures par année en mode horaire pour les trois ambulances se trouvant dans le secteur de Beauceville qui comprend cette localité ainsi que Saint-Joseph et East-Broughton.

Pour ce secteur, deux ambulances (East Broughton et Beauceville) bénéficieront de bonifications partielles (les horaires de faction seront transformés en horaires de 12 heures de jour) alors que celle de Saint-Joseph sera convertie en horaire à l’heure à 100 % (24 heures), en déploiement dynamique pour aider des secteurs comme Sainte-Marie, Thetford ou Saint-Georges, au besoin.

Directeur des services préhospitaliers et ambulanciers au CISSS de Chaudière-Appalaches, Richard Ouellet se réjouit de cette annonce qui, a-t-il précisé, touchait huit ambulances « qui seront bonifiées, transformées ou semi-transformées » en Chaudière-Appalaches.

Outre Saint-Charles et les trois ambulances de Beauceville, La Guadeloupe (Beauce-Sud), Saint-Fabien-de-Panet et Montmagny pour la Côte-du-Sud, Disraeli sont les autres secteurs touchés par cette annonce gouvernementale qui, selon lui, est majeure, car elle donne le signal, à court ou moyen terme, de l’élimination de nombreux horaires de faction partout au Québec.

« Nous avons actuellement 13 unités avec des horaires de faction en Chaudière-Appalaches et au bout de ces transformations, il n’en restera plus que cinq », précise-t-il.

Saint-Charles au lieu de Sainte-Claire

Comme on le mentionnait précédemment, la bonification des heures accordées à la centrale ambulancière de Saint-Charles permettra de mettre un terme aux horaires de faction où les ambulanciers en service doivent, à raison de 14 heures par jour, attendre les appels d’urgence directement de la maison.

« On parle donc d’une bonification d’heures à cet endroit. Jusqu’à ce qu’on implante les nouvelles mesures, il y a actuellement un camion à l’heure à raison de 10 heures par jour et un camion en faction pour les 14 heures restantes. On a pris le financement qui est donné pour ce camion de faction et on l’a bonifié pour avoir 14 heures de temps à l’heure, ce qui fait que nous aurons une couverture quotidienne en caserne de 24 heures sur 24 au lieu de 10 heures », se réjouit M. Ouellet qui reconnaît toutefois que le ministère de la Santé avait choisi d’investir à Saint-Charles au lieu de Sainte-Claire, où il y a également une ambulance de faction qui est parmi les plus utilisées au Québec.

« Les statistiques montrent que Sainte-Claire est depuis longtemps parmi les plus hauts gradés du groupe des horaires de faction au Québec, mais le ministère a choisi de se tourner vers Saint-Charles qui, par sa situation géographique, pourra apporter plus facilement son soutien à plusieurs secteurs comme Lévis, Montmagny et le reste de Bellechasse », précise M. Ouellet qui est d’avis que des analyses seront effectuées et d’autres annonces seront faites subséquemment.

« Si ce n’était que de moi, on les aurait toutes transformées (les 13 ambulances de Chaudière-Appalaches), mais nous sommes tributaires des budgets accordés par le Conseil du Trésor. C’est le ministère de la Santé qui reste le maître d’œuvre de tout ce dossier. Ils nous ont consultés et ont pris en compte nos recommandations. Ils ont analysé les charges de travail et les plans de déploiement, puis ils ont établi un plan presque final qui tient quand même compte de nos recommandations. Sainte-Claire en faisait partie et cela fait longtemps qu’on demande la transformation à cet endroit, mais cela n’a pas été pris en compte par le ministère pour le moment », poursuit-il.

Déception chez TASBI

S’il se réjouit des annonces gouvernementales, incluant celle de Saint-Charles, le président des Travailleurs ambulanciers de Beauce (TASBI), Christian Duperron, a dit ne pas comprendre le fait que Sainte-Claire n’en fasse pas partie, alors que des statistiques démontrent que l’ambulance de faction à cet endroit est la plus utilisée au Québec.

« Nous sommes heureux des modifications annoncées et on considère que c’est une bonne nouvelle. C’est un grand pas vers la fin des horaires de faction, mais qu’est-ce qu’on attend pour (régler) Sainte-Claire ? Je ne compte plus les interventions dans les médias à cet effet et on ne dit pas n’importe quoi. On a pointé un secteur qui pour nous est évident et les chiffres démontrent qu’il y a un problème à cet endroit », rappelle-t-il en ajoutant que tous les intervenants au dossier, que ce soit le syndicat, l’employeur ou le CISSS, souhaitent des changements à cet endroit.

« Le ministère semble lui aussi dire qu’il y aura une phase 2, mais quand ? On a une ambulance 10 h par jour et un horaire de faction de 14 h où les gars sont toujours partis sur des appels. La condition d’un horaire de faction est un frein la venue de nouvelle main-d’œuvre. Quand les jeunes voient ce qui est offert à Lévis ou à Québec où on a des horaires fixes, le choix est facile et ils vont migrer vers les centres urbains. Il faudra que cette transformation s’effectue bientôt, car nos ambulanciers sur le terrain ne savent plus quoi faire. Je suis content pour les autres, mais on ne comprend pas pour Sainte-Claire. Il y a quelque chose qui nous échappe. »

Tout en se réjouissant de voir une bonification des services sur le territoire de sa localité, le maire de Saint-Charles, Pascal Rousseau, trouve dommage lui aussi qu’une partie du territoire soit laissé pour compte. « C’est dommage pour le territoire de Sainte-Claire, car on le sait que les besoins sont criants. Je savais que des demandes avaient été faites pour le territoire de Saint-Charles, car passé une certaine heure, les ambulanciers ne sont plus à la caserne, mais à leur domicile. Pour une intervention, même tout près, c’est au minimum une quinzaine de minutes. Tu ne veux pas qu’un proche ait un malaise le soir, à titre d’exemple », précise-t-il.

Déploiement dynamique

Avec ces annonces, Richard Ouellet ajoute que le CISSS mettra en place un plan de déploiement dynamique des ambulances en fonction de la demande, ce qui ne pouvait se faire avec le concept les horaires de faction. « Le ministère a vu le déploiement dynamique avec les horaires à l’heure tout autour et ils ont jugé qu’en investissant à Saint-Charles, par exemple, cela permettrait possiblement d’aider Sainte-Claire d’une autre manière. Ce que j’en sais, c’est que cela n’a pas été fait au détriment d’autres régions. On n’a pas pris l’enveloppe de Sainte-Claire pour l’envoyer à Saint-Charles, par exemple. C’est un portrait global qui a été fait et le ministère a décidé de bonifier d’autres régions que Sainte-Claire », indique M. Ouellet qui conclut que cette transformation se traduira assurément par l’ajout de nouveaux ambulanciers à plus ou moins brève échéance.

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