Faillite potentielle pour Recyc RPM

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Par Eric Gourde
Faillite potentielle pour Recyc RPM
Recyc RPM emploie près de 80 personnes à son usine de Beauceville et une vingtaine à Saint-Damien

SAINT-DAMIEN. L’entreprise Recyc RPM a déposé un avis d’intention de proposition en cours supérieur pour insolvabilité. Plus vielle entreprise recycleur de plastique postconsommation au Québec, Recyc RPM Inc en est à sa 26e année d’opération.

Elle possède une usine à Saint-Damien et plus récemment à Beauceville depuis décembre 2012. Huit millions de dollars avaient été investis à Saint-Damien en octobre 2011 pour augmenter la superficie de l’usine ainsi que sa capacité de production.

La nouvelle de la possible faillite de l’entreprise fait dire à plusieurs que l’industrie de recyclage en général aurait besoin d’une mise à jour. Parmi les organisations s’étant prononcé dans le dossier, la Vallée de la Plasturgie estime qu’une faillite de cette entreprise serait non seulement catastrophique pour les besoins de l’industrie, mais aussi pour l’économie de la région. « Plusieurs PME pourraient être entraînées dans le sillage et devoir fermer leurs portes à leur tour. De plus, 100 emplois directs et 100 emplois indirects sont actuellement en jeux dans cette problématique » fait valoir le directeur général Simon Chrétien.

Selon lui, le modèle d’affaires actuel du recyclage au Québec n’est pas adéquat pour reconnaître le rôle d’une entreprise de type valorisateurrecycleur dans la chaîne de valeur du recyclage. « Actuellement, les redevances versées par Recyc Québec dans la chaîne de valeur s’arrêtent au centre de tri et aucune somme n’est transférée aux valorisateurrecycleur. »

La problématique qu’aucune norme de qualité adéquate n’a été établie pour encadrer le travail des centres de tri du Québec est soulevée depuis longtemps par le président de Recyc RPM, Louis Métivier. La matière première expédiée aux recycleurs du plastique est souillée de matières résiduelles non recyclable ou non faite de matières plastiques engendrant ainsi des coûts faramineux pour ces entreprises.

Par ailleurs, la Fédération des plastiques et alliances composites (FEPAC) ainsi que le Conseil des industries durables (CID) souhaitent un débat de fond ou des états généraux suite à l’annonce de l’entreprise de se placer sous la loi de la protection contre les créanciers. La distribution équitable des redevances de la collecte sélective pour inclure les recycleurs du Québec ainsi que la mise en place de clauses de performance et d’un fond permanent pour la compensation des coûts à l’enfouissement par les recycleurs et les centres de tri du Québec, doivent être à l’agenda.

Force d’admettre qu’un fleuron québécois risque de disparaître pour témoigner, encore une fois, des lacunes et des faiblesses du modèle d’affaires québécois actuel, estime la FEPAC. « Recyc RPM vient s’ajouter au triste constat de la fermeture de plus du deux tiers (2/3) des recycleurs du Québec au cours des huit dernières années. »

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