Théâtre du Ganoué: la fin d’une longue histoire à Saint-Prosper

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Par Mathieu Fournier
Théâtre du Ganoué: la fin d’une longue histoire à Saint-Prosper
Le maire de Saint-Prosper, Alain Maheux, a commenté la fermeture du Théâtre du Ganoué. (Photo : L'Éclaireur Progrès - Mathieu Fournier)

CULTURE. Après plusieurs longues démarches, la municipalité de Saint-Prosper n’avait plus vraiment d’autres options, il est désormais impossible pour elle de remettre en fonction le Théâtre du Ganoué. Cette décision n’a pas été facile à prendre, avoue le maire Alain Maheux.

L’une des principales raisons de cette fermeture définitive est le coût des travaux pour la rénovation de celui-ci. Après des analyses effectuées par une firme d’ingénieurs spécialisée, Saint-Prosper aurait dû verser plus de 1,3 M$ pour permettre la présentation de pièces de théâtre pendant 10 à 12 semaines par année.

« Certains citoyens ne seront peut-être pas d’accord avec notre décision, mais elle a été réfléchie. Tout l’argent aurait été pris dans le surplus accumulé. Des subventions pour la réalisation de ce projet, on n’a pas réussi à en avoir malgré plusieurs démarches », indique M. Maheux.

La confection d’une dalle de ciment (400 000 $), la réfection intérieure complète (115 000 $), le changement de la toiture (250 000 $), l’achat d’une nouvelle scène et d’un système de sonorisation (250 000 $) ainsi que la mise à niveau du système électrique (80 000 $) avaient été prévus dans l’estimation. La municipalité avait également dans ses plans de drainer et de réaménager l’espace extérieur.

Démarches réalisées

Acquis en 2019 par la municipalité, un vent de fraîcheur s’annonçait initialement pour le Théâtre du Ganoué. Toutefois, les nouvelles ont été beaucoup moins reluisantes. Celui-ci a été jugé non sécuritaire dans une première analyse du bâtiment construit il y a plus de 40 ans. Son avenir était alors déjà en péril.

« En 2021, un peu avant les élections municipales, l’ancien maire [Richard Couët] avait alors décidé de ne pas prendre une décision immédiatement et d’attendre la mise en place d’un nouveau conseil d’administration. Il aurait été dommage que de fausses annonces et des décisions prématurées soient prises », admet M. Maheux.

En recherche de solutions, le nouveau maire a visionné une publicité de l’entreprise spécialisée en élévation de bâtiment, Mini Jacking, à la télévision à l’hiver 2022. Il avait donc dit à sa femme : « C’est eux que ça nous prend ». Optimiste des premiers résultats, il pensait enfin avoir trouvé une solution peu dispendieuse pour sauver le Ganoué, mais ça n’a finalement pas été le cas après des recherches plus approfondies. 

« Avec ces changements, on aurait eu une combinaison d’éléments neufs et d’occasions. Depuis le début du processus, un montant d’environ 50 000 $ a été dépensé. La population ne pourra pas dire que l’on n’a rien essayé pour sauver le Ganoué », explique le maire.

Un deuxième deuil pour Saint-Prosper

Il s’agit d’une deuxième perte majeure en peu de temps pour les citoyens. En 2019, l’aréna a été détruit dans un incendie. Si un autre bâtiment a pu être construit pour la pratique de sports hivernaux, l’avenir pourrait être différent pour les représentations théâtrales estivales.

« On fait une croix sur le Ganoué, mais pas sur la présentation de pièces de théâtre l’été. On est déjà en mode solution et des discussions ont déjà débuté avec l’école secondaire. On est toutefois conscient que l’expérience ne sera plus jamais la même comparativement à ce que l’on pouvait offrir ici », indique M. Maheux.

Pour ce qui est de l’infrastructure présente au cœur du Village Beauceron, celle-ci devrait être détruite prochainement selon M. Maheux, alors qu’elle a été affaiblie par les récentes modifications. Toutefois, des objets seront conservés afin de conserver l’histoire derrière cet important site culturel pour la région.

Alain Maheux souhaite également remercier la Corporation du Ganoué pour son ouverture d’esprit durant tout le processus et sa compréhension de cette décision. M. Maheux se dit également reconnaissant de l’accompagnement offert par Conrad Gosselin, président de l’entreprise Mini Jacking, durant les derniers mois.

Le journal a tenté de rejoindre la Corporation, mais n’avait pas eu de retour d’appel au moment de mettre sous presse.

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