La valorisation des arts autochtones est plus importante que les «repentir» du pape

Stéphane Rolland, La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Les excuses du pape aux victimes des pensionnats sont un geste «important», mais la valorisation des arts autochtones en est un encore «plus important», plaide André Dudemaine, directeur des activités culturelles de Terres en vues, qui dévoilait la programmation du festival international Présence autochtone, mardi.

«Je me permets de penser que tous les gestes qu’on accomplit chaque année [à donner une plateforme aux arts autochtones] sont pas mal plus importants que le court geste, important quand même, que vient faire la papauté», réagit M. Dudemaine lors d’une conférence de presse.  

«Au prix que ça coûte, je me dis qu’il y a pas mal de sous qu’on pourrait utiliser pour mettre en valeur les arts autochtones actuels et faire avancer la réconciliation pour vrai, avec un élan qui durerait sur des décennies, pas seulement sur quelques jours. Parce que le festival revient chaque année.» 

La 32e édition du festival international Présence autochtone, consacré à plusieurs disciplines des arts et de la culture autochtone comme le cinéma, la musique et le théâtre, aura lieu du 9 au 18 août à Montréal. 

Questionné sur le sujet, M. Dudemaine a mentionné qu’il n’a pas été possible de faire une place aux arts culinaires au cours de cette édition, mais que cela fait partie des intentions des organisateurs pour l’édition 2023.  

Parmi les nombreux artistes inscrits à la programmation, M. Dudemaine a souligné la présence de la soprano inuk Deantha Edmunds et la présentation de la pièce «Uteϊ, récit d’un survivant», écrite et interprétée par Omer St-Onge de Maliotenam.

Le festival décernera le prix d’accomplissement historique à Vincent Carelli, du Brésil, un pionnier du cinéma autochtone. «Ça devrait être une célébrité mondiale, c’est le gars qui a inventé le cinéma autochtone», explique M. Dudemaine.

«À 16 ans, il s’est sauvé dans la jungle, car il n’aimait pas sa famille et il s’est fait élever par une communauté autochtone du Brésil. Avec l’arrivée de la télévision par satellite, il s’est dit qu’il fallait que ces gens-là aient leur image. C’est le premier qui l’a fait.» 

La présence d’un pionner des arts du cinéma autochtone illustre la portée internationale de Présence autochtone, un rayonnement qui est méconnu à Montréal, déplore le directeur des activités culturelles de Terres en vues. «Il y a un esprit colonisé, qui n’est pas seulement chez les Autochtones: de penser que, quand c’est à Montréal, c’est moins bon. Il faut que ça soit reconnu ailleurs avant, alors qu’ailleurs, on considère Présence autochtone comme, justement, un lieu de reconnaissance important pour le cinéma.»

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